The Associated Press Le président iranien Hassan Rouhani.

WASHINGTON — Le président Donald Trump a accusé avec colère vendredi l’Iran de violer l’esprit de l’accord sur le nucléaire de 2015, blâmant Téhéran d’une litanie de comportements malveillants et frappant sa principale branche militaire de sanctions antiterroristes. Mais Donald Trump, rompant avec une promesse de campagne de déchirer l’accord, a dit qu’il n’était pas encore prêt à en retirer les États-Unis ou à rétablir des sanctions nucléaires.

Il a plutôt expédié l’enjeu dans la cour du Congrès et des sept autres pays signataires de l’accord, en indiquant aux élus de durcir la loi qui régit la participation des États-Unis et de corriger une série de lacunes dans l’accord. Ceux-ci incluent l’expiration de plusieurs restrictions clés dans le cadre des «dispositions de caducité» dont l’entrée en vigueur commence en 2025, a-t-il déclaré.

Donald Trump a averti que sans les correctifs, il retirerait probablement les États-Unis de l’accord et remettrait en place des sanctions qui avaient été levées. Sans améliorations, «ce sera la fin de l’accord», a-t-il lancé dans un discours prononcé à la Maison-Blanche.

La déclaration de Donald Trump était essentiellement un compromis qui lui permet de condamner un accord qu’il a dénoncé à plusieurs reprises comme le pire accord de l’histoire américaine. Il a toutefois évité de torpiller le pacte, négocié pendant 18 mois par l’administration Obama, les alliés européens et d’autres.

Le Congrès disposera désormais de 60 jours pour décider s’il faut remettre en place les sanctions qui précédaient l’accord, les modifier ou ne rien faire. Toute décision de rétablir des sanctions entraînerait automatiquement le retrait des États-Unis de l’accord.

Avant le discours du président Trump, le secrétaire d’État Rex Tillerson et d’autres responsables américains ont fourni des détails sur la nouvelle position du président. M. Tillerson a déclaré que Donald Trump demandera aux élus de présenter un projet de loi qui rétablirait automatiquement des sanctions levées dans le cadre de l’accord si l’Iran franchissait l’une des nombreuses zones gâchettes nucléaires et non nucléaires.

Ces zones gâchettes comprennent des violations de l’accord comme les activités atomiques illégales ou les essais de missiles balistiques, l’appui au président syrien Bachar Al-Assad, au mouvement du Hezbollah libanais et à d’autres groupes qui déstabilisent la région, les violations des droits de la personne et la cyberguerre, a précisé Rex Tillerson.

Tant les défenseurs de l’accord nucléaire iranien et ses opposants seront vraisemblablement mécontents de la décision de Donald Trump. Ceux qui appuient l’accord croient que la décision de l’administration Trump va sérieusement nuire à la crédibilité américaine dans les futures négociations internationales, alors que les détracteurs pensent qu’elle ne va pas assez loin.

Ali Larijani, le président du parlement iranien, a déclaré vendredi que toute initiative des États-Unis contre un accord nucléaire avec l’Iran serait une «insulte» envers l’ONU parce que les Nations unies avaient données leur bénédiction à l’accord.

Il a ajouté que toute modification de l’accord permettrait à l’Iran d’agir, et a averti que le geste des États-Unis pourrait déstabiliser la conjoncture internationale.

«Nous continuerons à respecter nos obligations aussi longtemps que les autres parties respecteront l’accord», a-t-il déclaré lors d’une visite en Russie.

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