Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

KABOUL — Un porte-parole des talibans a rejeté les allégations de Joshua Boyle, l’otage canadien libéré plus tôt cette semaine, selon lesquelles son enfant a été tué et sa femme violée par leurs ravisseurs en Afghanistan.

À son retour en sol canadien vendredi, Joshua Boyle a signalé aux journalistes que durant ses cinq ans aux mains du réseau Haqqani, lié aux talibans, le viol de sa femme, l’Américaine Caitlan Coleman, s’est fait dans la complicité du capitaine du geôlier et a même été supervisé par le commandant du réseau.

Il a également rapporté le meurtre de son bébé, avec le feu vert des dirigeants de Haqqani, en guise de représailles pour son refus d’une offre sur laquelle il n’a toutefois pas fourni plus de détails.

Le porte-parole Zabihuallah Mujahid a déclaré dimanche que ces accusations sont «infondées et fausses», affirmant qu’il ne s’agissait que de «propagande».

Il prétend que le nourrisson est plutôt mort lors d’une «fausse couche naturelle» de Caitlan Coleman, qui n’a pas pu être soignée puisqu’ils se trouvaient dans une région reculée sans accès à un médecin ou à des médicaments.

Le taliban a également nié que Joshua Boyle ait été séparé de Mme Coleman, pendant leur séquestration.

Il a tenu à souligner que les otages étaient maintenant entre les mains de «l’ennemi» et pouvaient donc dire n’importe quoi sous pression.

«Personne n’a volontairement tué l’enfant de ce couple et personne ne les a non plus violés ou souillés», a martelé Zabihuallah Mujahid dans la déclaration publiée en ligne.

M. Boyle raconte que sa famille a changé de prison à au moins trois reprises. Il dépeint la première comme «barbare», la deuxième comme plus confortable et la dernière comme le théâtre de violences, où sa femme et lui étaient fréquemment séparés et battus.

Il rapporte que leurs conditions de séquestration changeaient énormément selon leur geôlier: l’un d’eux leur permettait de manger des mangues, tandis qu’un autre les privait de savon pendant des mois.

M. Boyle, Mme Coleman et leurs trois enfants nés en captivité ont été secourus mercredi par des commandos pakistanais, cinq ans après la capture du couple lors d’un voyage en Afghanistan.

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