AP Carles Puigdemont

BARCELONE, Espagne — Une décision critique est attendue du président de la Catalogne, qui doit déterminer la marche à suivre pour le mouvement sécessionniste de cette région d’Espagne.

Le gouvernement espagnol a donné à Carles Puigdemont jusqu’à lundi matin pour préciser s’il a oui ou non déclaré l’indépendance de la Catalogne plus tôt cette semaine.

Mardi, le président a annoncé devant les législateurs catalans qu’il «acceptait» le mandat que lui ont donné les résultats du controversé référendum du 1er octobre sur l’indépendance. Il a toutefois demandé le report de son implantation «pour quelques semaines» afin d’ouvrir la porte aux négociations avec Madrid.

Si M. Puigdemont affirme qu’il a bel et bien déclaré l’indépendance, le gouvernement central lui a donné jusqu’à jeudi pour se rétracter et ainsi éviter que l’autonomie de la Catalogne soit temporairement suspendue.

Mais s’il nie avoir déclaré l’indépendance, il sera sûrement confronté à une rébellion des tenants de la ligne dure au sein de son propre camp. Ils pourraient renverser son gouvernement et déclencher des élections régionales.

Le parti indépendantiste de gauche radicale CUP a signalé samedi qu’il retirerait sans doute son appui au gouvernement de M. Puigdemont si celui-ci ne déclare pas fermement l’indépendance et ne la mène pas à bien.

Samedi, le président catalan n’a donné aucune indication sur ce qu’il entend répondre à Madrid. Les membres modérés du bloc séparatiste appuient sa tentative de dialogue avec les autorités espagnoles, malgré leur rejet de la possibilité même d’un divorce avec la Catalogne.

L’Union européenne soutient l’unité espagnole et aucune nation étrangère n’a fait entendre son appui des séparatistes catalans.

«Il n’est pas trop tard pour corriger la situation», a déclaré dimanche le ministre espagnol de l’Intérieur, Ignacio Zoido.

M. Puigdemont subit également la pression du monde des affaires et de la moitié des quelque 7,5 millions de Catalans qui, selon les sondages, souhaitent demeurer au sein de l’Espagne.

Le «oui» l’avait emporté lors du référendum du 1er octobre, que la cour constitutionnelle d’Espagne avait suspendu. Seulement 43 pour cent des électeurs s’y sont prononcé pendant une vague de répression orchestrée par la police espagnole, qui aurait fait des centaines de blessés.

Cette crise a déclenché l’exode de centaines d’entreprises et de banques craignant se retrouver en dehors du marché commun européen.

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