Emilio Morenatti Emilio Morenatti / The Associated Press

BARCELONE, Espagne — Des milliers de personnes ont manifesté mardi soir à Barcelone pour réclamer la libération de deux leaders du mouvement indépendantiste catalan emprisonnés la veille par les autorités espagnoles pour sédition.

Les manifestants ont afflué dans une avenue principale de la ville, brandissant des bougies et des drapeaux pro-indépendance et scandant: «Prisonniers politiques, liberté!»

Les militants emprisonnés sont Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, qui dirigent deux groupes communautaires.

Lundi, un juge de Madrid a ordonné la mise en détention provisoire de MM. Sanchez et Cuixart dans le cadre d’une enquête pour sédition. Le juge a déterminé qu’ils avaient orchestré de grandes manifestations les 20 et 21 septembre à Barcelone ayant entravé les activités policières contre les préparatifs du référendum interdit sur l’indépendance du 1er octobre.

Le plus haut tribunal d’Espagne a par ailleurs tranché mardi que le référendum sur l’indépendance de la Catalogne était illégal, puisque la loi qui en a permis l’organisation était inconstitutionnelle.

Le Parlement régional de la Catalogne avait adopté au début du mois de septembre cette «loi référendaire sur l’autodétermination». Un référendum sur l’indépendance de la région a ensuite été organisé le 1er octobre. Le «oui» l’aurait largement emporté, et les dirigeants catalans affirment que cela leur donne le mandat de séparer la région du reste de l’Espagne.

La Cour constitutionnelle d’Espagne avait auparavant suspendu temporairement la loi pendant qu’elle étudiait les objections du gouvernement.

L’unité indissoluble de la nation

Dans la décision dévoilée mardi, le tribunal explique que la loi va à l’encontre de la souveraineté nationale et de «l’unité indissoluble de la nation espagnole».

Le tribunal a ajouté que la session parlementaire pendant laquelle la loi a été adoptée était elle aussi illégale.

Un porte-parole du gouvernement catalan a dit ne pas être surpris par cette décision. Jordi Turull a accusé Madrid d’utiliser le pouvoir judiciaire pour interférer avec le pouvoir législatif.

Le gouvernement espagnol a menacé de restreindre l’autonomie de la Catalogne si le président régional, Carles Puigdemont, ne renverse pas d’ici à jeudi les mesures prises par la région pour accéder à l’indépendance. M. Turull a prévenu que la Catalogne n’avait aucune intention «d’abandonner» et a lancé un nouvel appel au dialogue.

L’Espagne refuse toutefois toute discussion tant que la question de l’indépendance catalane est sur la table. Elle peut compter sur l’appui de la communauté internationale, qui estime que la Catalogne doit respecter les lois du pays.

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