AP

NAIROBI, Kenya — Les partisans de l’opposition ont boycotté la reprise de l’élection présidentielle contestée au Kenya, jeudi, déclenchant des affrontements avec les forces de l’ordre dans certains endroits, ce qui a forcé les autorités à reporter le scrutin dans les régions touchées. Au moins trois personnes ont perdu la vie.

L’exercice s’est déroulé dans un contexte pacifique dans la grande majorité du pays, mais le taux de participation semblait relativement faible même dans les régions considérées comme des fiefs du président Uhuru Kenyatta, déclaré gagnant au terme de la première élection tenue le 8 août, mais annulée par la Cour suprême.

La majorité des bureaux de vote ont fermé leurs portes comme prévu à 17h et ont entrepris le dépouillement des bulletins. Les responsables de l’élection ont toutefois confirmé que certains bureaux, qui avaient ouvert leurs portes plus tard en raison de «problèmes logistiques», avaient pu prolonger leurs activités.

Des bureaux de vote situés dans des régions favorables au chef de l’opposition Raila Odinga n’ont pas pu accueillir les électeurs en raison du désordre public. Les policiers ont dû utiliser des gaz lacrymogènes et même faire feu sur les manifestants qui lançaient des pierres. Les partisans de M. Odinga répondaient à son appel de boycottage, alors que le candidat soutient que la reprise de l’élection n’est pas crédible.

En fin de journée, jeudi, la police a révélé qu’elle enquêtait sur des informations concernant «certains individus» qui auraient prévu d’attaquer les véhicules transportant les bulletins de vote. Dans certains comtés, les bulletins sont rassemblés dans des centres prévus pour comptabiliser les voix.

Selon une source policière qui a requis l’anonymat, trois personnes ont perdu la vie lors des manifestations. Les victimes ont été répertoriées dans le comté de Kisumu, à Homa Bay, dans l’ouest du pays, et dans la ville d’Athi River, en périphérie de Nairobi.

Des violences ont été rapportées dans cinq comtés sur les 47 que compte le Kenya. Le président de la Commission électorale indépendante, Wafula Chebukati, a confirmé que le scrutin serait repris samedi dans quatre comtés, incluant à Kisumu, un fief de l’opposition.

Des manifestants ont bloqué des rues et allumé des feux à Kisumu, où l’on a dénombré 25 blessés à la suite d’affrontements avec la police, a indiqué Aloyce Kidiwa, un intervenant médical. Plusieurs des victimes ont été blessées par balle.

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