MADRID — La grève générale en Catalogne s’est avérée de moindre ampleur que prévu mercredi, mais les manifestants pro-indépendance ont tout de même barré des rues et bloqué des trains pour contester l’emprisonnement des dirigeants destitués et de militants.

D’importantes congestions routières ont été rapportées sur les routes menant à de grandes villes catalanes, dont la capitale régionale Barcelone, ainsi que sur les principales autoroutes.

La grève n’était cependant pas soutenue par les deux principaux syndicats d’Espagne et n’aurait pas eu d’impact majeur sur les industries ou l’important secteur touristique de la région.

Le transporteur ferroviaire Renfe a indiqué que le service avait été interrompu sur quelques dizaines de liaisons locales, alors que les manifestants ont bloqué les chemins de fer.

Plusieurs lignes nationales de trains à haute-vitesse ont aussi été affectées. À Gérone, des manifestants ont franchi les contrôles policiers pour occuper la gare principale et les rails.

Le regroupement syndical pro-indépendance Intersindical CSC avait déclaré la grève pour des enjeux liés au travail, mais les partis indépendantistes et des groupes de la société civile avaient appelé à joindre le mouvement pour dénoncer la réaction du gouvernement central d’Espagne contre la démarche d’indépendance de la Catalogne.

Au milieu de la journée, plusieurs milliers de manifestants indépendantistes ont monopolisé une place publique au coeur de Barcelone, déployant des drapeaux et scandant «Liberté» en soutien aux dix personnes emprisonnées dans le cadre d’une enquête pour rébellion et sédition pour avoir contrevenu aux jugements des tribunaux d’Espagne et déclaré l’indépendance de la Catalogne le 27 octobre.

Six heures plus tard, des milliers de manifestants se sont encore réunis afin de maintenir la pression sur le gouvernement central à Madrid. La foule a scandé: «Libérez les prisonniers politiques.»

Le vice-président du mouvement populaire de l’Assemblée nationale catalane, Agusti Alcoberro, a déclaré à la foule de manifestants en après-midi que les arrestations constituaient «un affront à la démocratie et une humiliation» du peuple catalan.

Les autorités espagnoles ont adopté des mesures sans précédent en mettant la Catalogne, une région autonome, sous tutelle.

L’Espagne a destitué le gouvernement régional, dissous le Parlement et déclenché de nouvelles élections prévues le mois prochain.

Le premier ministre d’Espagne, Mariano Rajoy, a affirmé mercredi que les élections devraient amorcer «une nouvelle ère politique» dans la région avec un retour à la normale et le respect des lois espagnoles.

Huit membres du gouvernement catalan dissous et deux militants indépendantistes ont été emprisonnés. Le président catalan destitué, Carles Puigdemont, et quatre de ses collaborateurs ont trouvé refuge à Bruxelles et contestent leur extradition.

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