Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

DA NANG, Viêtnam — Le premier ministre Justin Trudeau estime que personne n’aurait dû être surpris que le Canada refuse de signer une entente de principe conclue vendredi concernant le traité de libre-échange sur le Partenariat transpacifique (PTP).

M. Trudeau a déclaré, samedi, qu’en dépit des importants progrès réalisés, il restait encore beaucoup de travail à faire, plus particulièrement en ce qui a trait à la protection des secteurs automobile et culturel du Canada.

La décision prise vendredi par le premier ministre canadien de poursuivre les négociations plutôt que de signer l’entente de principe a provoqué l’annulation à la toute dernière minute d’une réunion des leaders des 11 pays du PTP qui devait avoir lieu en marge du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC).

Ce geste a fait les manchettes un peu partout dans le monde parce que plusieurs médias étrangers avaient prédit que les membres du PTP concluraient un accord lorsqu’ils se rassembleraient à Da Nang, au Vietnam, pour le sommet de l’APEC.

Mais Justin Trudeau a fait valoir qu’il avait laissé entendre toute la semaine que le Canada ne signerait pas le traité si ce dernier ne servait pas les intérêts des Canadiens.

«Nous n’avions pas l’intention de nous dépêcher pour conclure une entente», a-t-il déclaré durant une conférence de presse qu’il a donnée au terme du sommet de l’APEC avant de se rendre aux Philippines pour prendre part à une rencontre avec les dirigeants de l’Asie du Sud-Est, dimanche.

«Cela ne devrait pas être une surprise et cela n’a pas été une surprise pour les gens ayant remarqué que je disais cela et que je l’avais dit toute la semaine.»

Selon M. Trudeau, le fait que les ministres du Commerce des pays membres du PTP présents au sommet aient accepté plusieurs changements a permis de faire un grand pas vers la conclusion d’un traité.

Il a ajouté avoir manqué la réunion des leaders du PTP prévue vendredi non par snobisme mais parce que ses discussions bilatérales avec son homologue japonais, Shinzo Abe, avaient duré plus longtemps que prévu.

«Nous avions beaucoup de choses à nous dire et, à la fin de cette rencontre, il était évident que nous devions, dans l’intérêt de tous, reporter la réunion des leaders sur le PTP11», a expliqué M. Trudeau.

Au terme de la rencontre de 50 minutes, a poursuivi le premier ministre, M. Abe, qui est le vice-président du PTP, est allé dire aux autres leaders, qui étaient déjà arrivés, que la réunion avait été remise à plus tard.

Cette annulation a semé la confusion, certains médias blâmant le Canada et M. Justin Trudeau pour la situation.

Les membres du PTP tentent de sauver le traité après le retrait des États-Unis plus tôt cette année.

Tard vendredi soir, le ministre canadien du Commerce internationale, François-Philippe Champagne, avait annoncé que des progrès avaient été réalisés dans les négociations.

M. Champagne avait rapporté que les 11 États avaient accepté d’éliminer certaines dispositions litigieuses sur la propriété intellectuelle qui se trouvaient dans le premier accord. Le secteur technologique canadien exhortait depuis longtemps Ottawa à exiger le retrait de ces éléments.

Le ministre avait également mentionné que les négociateurs avaient établi un cadre pour discuter des enjeux relatifs aux règles d’origine touchant l’industrie automobile et avaient déterminé une marche à suivre pour inclure une exemption culturelle dans le traité.

Les parties ont également accepté de renforcer certains articles du traité touchant l’environnement et les droits des travailleurs, selon M. Champagne.

Justin Trudeau a prédit, samedi, que les pourparlers pour le PTP aideraient le Canada dans les difficiles négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Dimanche, M. Trudeau participera au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) à Manille, aux Philippines.

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