HARARE, Zimbabwe — Le prochain dirigeant du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a été accueilli en héros chez lui, mercredi, proclamant à la foule en liesse que le pays était témoin du «déploiement d’une nouvelle démocratie».

M. Mnangagwa a appelé les Zimbabwéens à s’unir pour assurer la paix et créer des emplois au pays.

Ses déclarations ont été accueillies avec enthousiasme par les gens réunis au quartier général du parti au pouvoir, le ZANU-PF, alors que la crise économique persistante au pays a eu raison de l’ex-président Robert Mugabe, qui a démissionné mardi.

Emmerson Mnangagwa a déclaré qu’il avait été en contact constant avec les dirigeants militaires pendant les deux semaines de perturbation qui ont secoué le pays, entre son congédiement par M. Mugabe, et son retour au pays.

Il a salué l’armée et son commandant, le général Constantino Chiwenga, «qui ont été capables de gérer ce processus très pacifiquement».

Pendant son discours, M. Mnangagwa était entouré de sa femme Auxilia et de deux groupes d’agents de sécurité, qui semblaient à l’affût de toute menace.

Depuis la fin de son exil en Afrique du Sud, Emmerson Mnangagwa a rencontré le président sud-africain, Jacob Zuma, avant de s’envoler dans un avion privé vers le Zimbabwe.

Il sera assermenté vendredi en tant que nouveau président pour terminer le mandat de M. Mugabe, qui prendra fin lors des élections de l’année prochaine.

Emmerson Mnangagwa, âgé de 75 ans, avait fui le Zimbabwe plus tôt ce mois-ci après que Robert Mugabe l’eut congédié de son poste de vice-président. Son départ avait amené l’armée à débarquer dans la capitale et quelques jours plus tard, l’ex-président a été forcé de démissionner alors qu’il faisait face à un processus de destitution.

La foule enthousiaste réunie au quartier général du parti, mercredi, a célébré le premier discours du prochain président. Certains brandissaient des pancartes où l’on pouvait lire: «Notre héros, notre espoir» et «Rebienvenue, notre héros».

L’un de ces citoyens, Godwin Nyarugwa, disait être «fou de joie» de ces nouveaux développements. «Nous avons besoin de changement dans ce pays, de tout changer après des années de crise économique», a-t-il déclaré.

M. Nyarugwa dit qu’il a plusieurs diplômes universitaires, mais pas d’emploi, ce qui est commun au Zimbabwe, où la population est bien éduquée.

«Nous devrons l’essayer et observer. S’il n’arrive pas avec quelque chose, nous devrons le changer aussi.»

Tous les projecteurs sont maintenant sur Emmerson Mnangagwa, l’ancien bras droit de M. Mugabe que la première dame, Grace Mugabe, avait écarté. Mme Mugabe s’était positionnée pour remplacer son mari âgé de 93 ans.

On ne sait pas encore ce qu’il adviendra du couple Mugabe.

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