The Associated Press Vladimir Poutine

MOSCOU — Le président russe Vladimir Poutine n’a pas encore annoncé s’il briguera un quatrième mandat à la tête de son pays. À environ quatre mois du scrutin, une chose est toutefois claire: aucun candidat, réel ou hypothétique, ne semble en mesure de le détrôner.

Le plus sérieux rival de M. Poutine, le militant Alexeï Navalny, veut être de la course, mais la loi l’en empêche. L’animatrice de télévision Ksenia Sobchak s’est lancée, mais personne ne sait si elle sera en mesure de combler tous les critères d’admissibilité ou même si elle n’est pas en réalité une marionnette du Kremlin.

On compte parmi les autres candidats potentiels un libéral peu connu à l’échelle du pays dont le parti est absent du parlement depuis dix ans; le nationaliste Vladimir Zhirinovski, dont les campagnes précédentes ont généré plus d’étincelles que de votes; et le leader des communistes.

M. Poutine, qui gouverne la Russie depuis 2000 et dont le taux d’approbation est d’au moins 80 pour cent dans les sondages, ne devrait pas annoncer ses intentions avant le mois prochain. L’élection aura lieu le 18 mars 2018.

L’attente avant d’afficher ses couleurs est davantage une décision tactique qu’une marque d’incertitude. Conscient que les manifestations organisées par M. Navalny depuis le début de l’année ont connu un succès sans précédent, M. Poutine veut probablement minimiser les occasions qu’aura son rival le plus solide d’être vu et entendu.

Ces manifestations sèment la nervosité au Kremlin, où jusqu’à tout récemment les partisans de M. Navalny étaient vus comme une petite clique urbaine bien nantie. Mais M. Navalny, grâce à une détermination de fer et une utilisation rusée des réseaux sociaux, a disséminé son message anticorruption jusqu’au plus profond des provinces.

Quelques heures après qu’il eut été relâché de prison le mois dernier, au terme d’une peine de 20 jours pour avoir organisé une manifestation illégale, des centaines de personnes se sont déplacées pour entendre M. Navalny — à Astrakhan, à plus de 1300 kilomètres de la capitale.

M. Navalny n’en était pas à son premier séjour en prison, ce qui pourrait torpiller sa candidature présidentielle. Il a été reconnu coupable de fraude et de détournement de fonds en 2013 et 2014, lors de procès vus comme une vengeance politique, et la loi russe interdit de briguer la présidence à quiconque a déjà été reconnu de crimes graves.

Entre en scène Mme Sobchak. Connue pour son train de vie et pour avoir animé une émission de téléréalité, elle a récemment annoncé qu’elle compte présenter sa candidature — mais qu’elle suspendra sa campagne si M. Navalny est de la course.

L’annonce de Mme Sobchak est similaire à celle du candidat Donald Trump: elle se présente comme la candidate de ceux qui «veulent voter contre tout le monde», une dénonciation de la corruption qui ronge la politique russe. Son message ressemble donc à celui de M. Trump, qui promettait de «drainer le marais» de Washington.

Mme Sobchak tente depuis quelques années d’étoffer sa crédibilité politique, mais des observateurs contestent ses intentions et se méfient de son impact sur la course. Le politologue Kirill Rogov l’a qualifiée «d’opposition légère» sur son blogue.

«En reprenant une version adoucie et retouchée de l’agenda de M. Navalny, elle démontrera qu’on peut militer pour l’opposition en Russie (…) et elle travaillera à rendre légitime la campagne présidentielle et la victoire de Poutine», a-t-il prédit.

La tâche première de Mme Sobchak est d’atterrir sur les bulletins de vote. Puisqu’elle n’est pas mise en nomination par un parti politique reconnu, elle doit recueillir au moins 300 000 signatures dans 40 des 85 régions du pays. Elle doit s’inscrire avant le 6 janvier, ce qui représente un défi de taille pour quelqu’un qui compte 1,6 million d’adeptes sur Twitter.

M. Raganov s’attend à ce que la candidature de M. Navalny soit bloquée. La présidente de la commission électorale centrale, Ella Pamfilova, a déclaré cette année qu’il faudra un «miracle» pour que son nom apparaisse sur les bulletins.

Girogri Iavlinski sera probablement le candidat du parti libéral Yabloko. Cette formation est presque inconnue à l’extérieur de Moscou, mais dans la capitale elle fait partie d’une coalition qui contrôle 15 pour cent des sièges au conseil municipal.

M. Zhirinovski, le flamboyant nationaliste connu pour ses déclarations concernant la supériorité des Russes, n’a recueilli que 6 pour cent des votes lors de l’élection de 2012. Un sondage mené en septembre lui accordait 2 pour cent des intentions en 2018.

Note aux lecteurs: Dans une version précédente de cette dépêche, La Presse canadienne avait erronément rapporté que la prochaine élection présidentielle en Russie se déroulera le 18 décembre. Dans les faits, il s’agit du 18 mars 2018.

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