BEYROUTH — Des militants de l’opposition syrienne ont lancé une campagne pour attirer l’attention sur un bébé de trois mois qui a perdu un oeil et a eu le crâne fracturé lors de deux attaques menées par les forces gouvernementales dans la ville où il vit, en banlieue de Damas.

Le petit Karim a été blessé une première fois à la fin du mois d’octobre, lorsque des tirs d’artillerie ont touché un marché à Hammouria, dans la région de la Ghouta, à l’est de Damas, contrôlée par les rebelles. L’enfant a perdu sa mère dans cette attaque. Une femme enceinte et son enfant à naître ont aussi été tués, de même qu’une troisième femme.

Dix jours plus tard, lorsque Karim, alors âgé de quelques semaines, a obtenu son congé de l’hôpital, des éclats d’obus ont transpercé le toit de la maison dans laquelle il se trouvait. Un secouriste bénévole, qui porte le surnom d’Abou Loay, a affirmé que Karim était inconscient lorsqu’il est venu à sa rescousse.

Alors que le secouriste conduisait l’enfant à l’hôpital, à seulement quelques centaines de mètres de là, un autre obus est tombé et leur a bloqué la route. Abou Loay a finalement conduit Karim dans un autre hôpital.

Dans une série d’images publiées sur les médias sociaux, des résidants de la Ghouta et des sympathisants ont publié des photos d’eux-mêmes se couvrant un oeil, dans le cadre d’une campagne visant à attirer l’attention sur les souffrances du petit Karim, aujourd’hui âgé de trois mois.

La campagne «Solidarité avec Karim» est la plus récente tentative des opposants au régime syrien de braquer les projecteurs sur le siège de la banlieue est de Damas par les forces gouvernementales, qui dure depuis 2012.

Une région assiégée

Les conditions de vie dans la région de la Ghouta, où se trouvent quelque 400 000 personnes, se sont rapidement détériorées au cours des dernières semaines. Le gouvernement a renforcé son siège sur la région, causant de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant alors que l’hiver s’installe.

L’UNICEF a déclaré la semaine dernière que 137 enfants vivant dans la région avaient besoin d’être évacués d’urgence. Cinq autres enfants sont morts récemment à cause de l’absence de soins médicaux. Un enfant sur huit dans la région souffre de malnutrition, selon l’ONU, qui souligne que le gouvernement syrien a refusé de lui permettre de transférer quelque 500 personnes ayant besoin de soins médicaux vers des hôpitaux situés à quelques minutes de route.

Qussai Nour, un journaliste syrien qui a rendu visite à Karim lundi, a rapporté que le père de l’enfant, qui n’a pas d’emploi, peinait à soutenir son enfant blessé tout en s’occupant de ses autres enfants.

«Les médecins de la région prennent soin de Karim, mais il a besoin de spécialistes en neurologie, en ophtalmologie et en chirurgie esthétique», a souligné M. Nour. «La situation chez eux est assez misérable.»

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