TOKYO — La Corée du Nord ne remportera certainement pas la course aux médailles lors des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud, le mois prochain.

Elle espère toutefois se faire remarquer en participant à ce qui pourrait être une première mondiale en hockey sur glace, et en dépêchant sur place des dizaines de partisans (tous des femmes) pour encourager ses athlètes.

Les représentants des deux Corées négocient à pleine vitesse avant l’ouverture des Jeux, le 9 février. Ils ont dévoilé de nouveaux détails mercredi, au terme d’une nouvelle journée de discussions dans la zone démilitarisée qui sépare les frères ennemis.

Des dirigeants des deux pays tenteront en fin de semaine d’obtenir l’approbation du Comité international olympique (CIO) pour leur projet.

Voici un aperçu rapide de la délégation nord-coréenne.

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LES ATHLÈTES

On ne sait pas encore si un seul athlète nord-coréen sera à Pyeongchang, mais la presse sud-coréenne évoque la présence d’une dizaine d’athlètes du Nord.

Les deux pays se sont entendus sur la participation d’une équipe féminine de hockey sur glace conjointe, une première dans l’histoire des Olympiques. Ce projet a été dénoncé par certains dans le Sud, où on craint que des joueuses nord-coréennes ne prennent la place de membres de l’équipe nationale sud-coréenne.

Le président de la Corée du Sud a expliqué que la participation d’une équipe conjointe serait un événement historique qui retiendrait l’attention de la planète. Il appuie également l’entrée des athlètes des deux pays sous le drapeau bleu et blanc «de l’unification». Cela doit encore être approuvé par le CIO.

Deux patineurs artistiques nord-coréens se sont qualifiés pour les Jeux, mais le Nord a omis de les inscrire à temps et ils ont perdu leur place dans la compétition en couple. On ne sait pas si des mesures spéciales seront acceptées pour leur permettre de participer ou pour inviter d’autres athlètes.

Aucune médaille n’est en jeu, mais le Nord enverra une équipe de taekwondo à Pyeonchang. Elle présentera la version du Nord de cet art martial coréen traditionnel, qui est un sport olympique lors des Jeux d’été.

On ne sait pas si de hauts dirigeants nord-coréens se déplaceront. Le dictateur Kim Jong-un avait dépêché trois de ses lieutenants en Corée du Sud pour les Jeux asiatiques de 2014 à Incheon — dont un qui n’a pas été vu récemment et qui pourrait avoir été victime d’une purge.

La venue d’une délégation du genre attirerait l’attention.

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ÇA SE PASSERA DANS LES GRADINS…

C’est souvent dans les gradins qu’il y a le plus d’action lors des compétitions sportives nord-coréennes.

La Corée du Nord est connue pour ses escouades bien entraînées, très disciplinées et habituellement entièrement féminines de partisans enragés. Ces femmes vêtues de tenues flamboyantes ont comme mission de motiver les athlètes — et de retenir l’attention des médias — lors des compétitions d’envergure à l’étranger.

La Corée du Nord prévoit en envoyer 230 à Pyeongchang, selon le ministère sud-coréen de l’Unification.

On considère habituellement que la femme de Kim Jong-un, Ri Sol-ju, est issue de cette «armée de la beauté», et qu’elle était à Incheon en 2015 dans le cadre des Championnats asiatiques d’athlétisme.

Les femmes sont choisies non seulement pour leur enthousiasme à encourager les athlètes, mais aussi pour leur jeunesse et leur beauté.

La seule éventualité de leur présence crée déjà un certain émoi à la télévision japonaise et sud-coréenne.

Peu importe la performance des athlètes, elles seront excellentes pour les cotes d’écoute.

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… MAIS LES VEDETTES N’Y SERONT PAS

Lors des pourparlers plus tôt cette semaine, la Corée du Nord a inclus parmi ses négociateurs la leader de son groupe pop composé exclusivement de filles le plus populaire, ce qui a permis d’espérer que le groupe serait aux Jeux.

Ça aurait été un événement époustouflant, comparable au spectacle de la mi-temps du Super Bowl.

Trié sur le volet par Kim Jong-un lui-même, le groupe Moranbong est le visage «amical» du régime. Ses membres portent en alternance des mini-jupes et des uniformes militaires sur scène, et elles s’exécutent souvent lors de concerts organisés en marge des grands événements politiques. Des images de missiles ou du leader sont fréquemment projetées sur les écrans géants derrière elles.

La seule présence de la chanteuse Hyon Song-wol était en elle-même spectaculaire. La presse sud-coréenne rapportait en 2013 qu’elle avait été exécutée dans une affaire de moeurs, mais elle a refait surface un an plus tard et est maintenant une membre alternative du comité central du parti au pouvoir.

Ultimement, le Nord a annoncé que son orchestre de 140 musiciens, chanteurs et danseurs, le Samjiyon, sera de la fête.

C’est peut-être préférable.

Moranbong devait faire ses débuts internationaux à Pékin en 2015, mais le concert a été annulé à la dernière minute pour des raisons inexpliquées. Considérant les relations tendues entre le Nord et le Sud, on peut se demander comment des chansons comme «Nous ne pouvons vivre sans son amour», «L’hymne des artilleurs de Hwasong» et «Mon pays est le meilleur» auraient été accueillies à Pyeongchang.

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