WASHINGTON — Des élèves d’écoles secondaires américaines se mobilisent et manifestent pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu à la suite de la plus récente tuerie survenue en Floride.

Des centaines d’élèves du Maryland ne sont pas rentrés en classe, mercredi, se rassemblant plutôt devant le capitole des États-Unis, à Washington, pour manifester là où siège le Congrès américain.

Les élèves ont scandé des slogans raillant le puissant lobby des armes à feu, comme «Hey hey NRA, you can’t beat the PTA!» («NRA, tu ne peux pas vaincre la PTA»). La PTA est une association nationale regroupant des parents, des enseignants ou de nombreux intervenants qui travaillent pour l’éducation des enfants.

Les jeunes manifestants ont aussi brandi des affiches exigeant de rendre les classes sécuritaires et plaidant que «la peur n’a pas sa place à l’école».

Nyrene Monforte, une élève de l’école secondaire Montgomery Blair, à Silver Spring au Maryland, a confié que les jeunes ont le sentiment que leur vie est menacée à l’école. «Ça ne devrait pas être comme ça, nous ne sommes que des enfants», a-t-elle commenté.

Le représentant démocrate du Maryland Jamie Raskin s’est adressé à la foule de manifestants en disant que «les élèves américains du secondaire mènent une révolution contre la complaisance des politiciens et la collusion avec la NRA». Il croit que ce mouvement s’inscrit dans une longue tradition de mobilisation de la jeunesse «pour changer les États-Unis quand personne d’autre ne le fait».

Rassemblement dans la capitale de la Floride

En Floride, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le capitole de l’État, à Tallahassee, afin de presser les politiciens d’agir pour renforcer les lois sur les armes à feu.

Une centaine d’élèves de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas, où a eu lieu la récente tuerie qui a fait 17 morts, ont fait la route en autocar depuis le sud de l’État pour se faire entendre par leurs élus.

Une élève a d’ailleurs dénoncé l’inaction des politiciens, la qualifiant «d’absolument abominable», face à un projet de loi déposé mardi qui aurait permis de bannir les armes d’assaut et les chargeurs de grande capacité.

L’État de la Floride est reconnu comme étant favorable aux armes à feu, alors que les élus ont rejeté de nombreuses tentatives d’instaurer un meilleur contrôle des armes depuis que les républicains ont pris le contrôle du capitole en 1999.

Des affiches réclamaient de défaire les républicains aux prochaines élections, d’autres demandaient de se rappeler «des hommes qui placent la NRA avant la vie des enfants» et d’autres proposaient de «tuer la NRA, pas les enfants».

Lorenzo Prado, un survivant de la tuerie en Floride la semaine dernière, a témoigné de son expérience terrifiante. Il a révélé avoir été identifié à tort comme le tireur et avoir été mis en joue par les policiers de l’équipe tactique.

Le jeune homme a dit s’être senti coupable envers tous ceux qu’il n’a pas réussi à protéger et qui ont perdu la vie. Lorenzo Prado a indiqué s’être rendu au siège de la législature de l’État pour convaincre les législateurs d’agir.

Des collègues de classe de Lorenzo Prado ont pu rencontrer divers décideurs de l’État, dont la procureure générale Pam Bondi, le président du Sénat Joe Negron et les sénateurs Rob Bradley et Bill Galvano.

De nombreux autres élèves d’écoles secondaires de la Floride ont manifesté leur appui et quitté leur classe, mercredi matin.

L’un d’eux, en larmes, a demandé pourquoi un citoyen ordinaire devrait avoir le droit de posséder une arme d’assaut AR-15 comme celle utilisée dans la tuerie. Ce à quoi le président du Sénat Joe Negron a évité de répondre, se contentant de dire que la question était «réexaminée».

La foule d’élèves a applaudi lorsque le sénateur Bill Galvano a annoncé qu’il allait soutenir la démarche pour faire rehausser l’âge minimal pour acheter un fusil d’assaut de 18 à 21 ans.

Le président Donald Trump devait, mercredi, recevoir des élèves de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas. Le président souhaite ainsi démontrer qu’il prend au sérieux l’enjeu très sensible des crimes commis par arme à feu.

«Séance d’écoute» à la Maison-Blanche

La Maison-Blanche a fait savoir que des jeunes de cette école allaient participer à une «séance d’écoute» aux côtés de survivants des tueries des écoles Sandy Hook et Columbine. La rencontre est décrite comme «une discussion ouverte sur les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des élèves».

Si le président Trump espère montrer de l’empathie envers les victimes, il demeure un ardent défenseur des armes à feu et n’a pas encore donné son appui aux mesures de contrôle des armes réclamées par les manifestants.

Mardi, Donald Trump a annoncé avoir signé une note demandant au département de la Justice de proposer des réglementations pour «interdire tous les dispositifs», comme les accélérateurs de tir («bump stocks»), qui transforment des fusils semi-automatiques en armes automatiques.

Il s’est aussi exprimé sur son compte Twitter, en soirée mardi, pour réclamer des vérifications d’antécédents plus sévères chez les détenteurs d’armes.

De son côté, le vice-président Mike Pence a soutenu que l’administration en place allait insuffler «une nouvelle énergie» dans le but de rendre les écoles plus sécuritaires.

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