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BEYROUTH — La «pause humanitaire» ordonnée par la Russie dans la Ghouta orientale, la dernière banlieue de Damas toujours contrôlée par les rebelles syriens, n’aura pas permis d’envoyer de l’aide et de mener des évacuations, mardi, alors que les bombardements se poursuivaient dans la région.

Les Nations unies et les organismes humanitaires ont critiqué l’arrangement unilatéral de la Russie, qui a déclaré une «pause humanitaire» de quelques heures.

En faisant son annonce, le président russe Vladimir Poutine a toutefois prévenu que cette trêve ne garantissait pas la sécurité des dizaines de milliers de résidants de la Ghouta orientale qui sont piégés au centre des attaques du gouvernement syrien.

La trêve a eu lieu entre 9 h et 14 h, heure locale. Un soi-disant corridor de sécurité avait été érigé par l’armée syrienne, par lequel les résidants pouvaient quitter le secteur, mais aucun civil ne l’a utilisé, craignant d’être harcelés ou arrêtés dans les régions contrôlées par le gouvernement.

Par ailleurs, plusieurs obus de mortier sont tombés autour du point de passage de Wafideen, près de Douma, une des plus grandes villes de l’est de la Ghouta orientale. La télévision syrienne a montré de petits autocars qui attendaient à proximité, mais personne ne semblait sortir de l’enclave.

Au moins deux obus sont tombés pendant que le journaliste syrien témoignait de la situation en direct.

Le général russe Viktor Pankov a dit à l’agence Tass que ces bombardements empêchent les civils de partir.

Selon l’ONU, environ 400 000 personnes vivent dans des conditions exécrables dans la région assiégée, qui est bombardée depuis des semaines.

Le Comité international de la Croix-Rouge a dit que de tels corridors humanitaires doivent être bien planifiés et ouverts en collaboration avec tous les belligérants.

Le directeur régional, Robert Mardini, a déclaré qu’il avait été impossible d’acheminer de l’aide pendant ces quelques heures.

«Nous avons des informations ce matin (mardi), selon lesquelles il y avait eu des combats nourris dans la Ghouta orientale, alors manifestement la situation sur le terrain n’est pas telle que l’on puisse envoyer des convois ou faire des évacuations médicales», a-t-il soutenu.

Le cessez-le-feu qui avait été adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU pour mettre un frein aux violences qui ont coûté la vie à plus de 500 personnes depuis la semaine dernière, ne semble pas avoir été appliqué depuis son adoption, samedi.

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