HIROKO MASUIKE Hiroko Masuike / The Associated Press

NEW YORK — Le «New York Times» et le «New Yorker» ont remporté le prix Pulitzer du service public, lundi, pour leur travail sur le scandale de Harvey Weinstein, qui a donné naissance au mouvement #MeToo, provoquant un débat international sur l’inconduite sexuelle en milieu de travail.

Le «New York Times» et le «Washington Post» ont aussi été récompensés pour leur couverture sur l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016, et sur les contacts entre l’équipe du président Donald Trump et les représentants russes.

Le «Washington Post» a également gagné le prix d’enquête pour avoir révélé les allégations d’inconduite sexuelle visant le candidat au Sénat Roy Moore. L’ancien juge républicain avait nié les allégations, mais celles-ci semblent avoir joué un rôle important dans sa défaite contre le démocrate Doug Jones.

Le «Press Democrat», un quotidien de Santa Rosa, en Californie, a quant à lui été récompensé pour sa couverture des incendies de forêt qui ont ravagé la région viticole, faisant 44 morts et détruisant des milliers de résidences.

Les Pulitzer, les prix les plus prestigieux du journalisme américain, sont remis après une année de défis sans précédent pour les médias, qui ont été attaqués de toutes parts par le président Donald Trump.

En annonçant les prix, l’administratrice des Pulitzer, Dana Canedy, a affirmé que les gagnants «défendaient l’objectif le plus important, celui d’une presse libre et indépendante, même pendant l’une des périodes les plus difficiles».

Une série d’articles dans le «New York Times» et le «Washington Post» ont fait lumière sur les liens entre les Russes et la campagne présidentielle de Donald Trump — des relations qui sont maintenant examinées par l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. Le président a qualifié cette enquête de «chasse aux sorcières».

Les publications sur la Russie reposaient sur plusieurs sources et ont permis au public de mieux comprendre l’enjeu, a souligné Mme Canedy.

Prédateurs sexuels riches et puissants

Dans des articles publiés à quelques jours d’intervalle en octobre, le «New York Times» et le «New Yorker» ont provoqué un tremblement de terre social à Hollywood en dévoilant les nombreuses allégations d’inconduite sexuelle pesant contre le puissant producteur Harvey Weinstein, qui remontaient parfois à des dizaines d’années.

Les journalistes Jodi Kantor et Megan Twohey, du «New York Times», et Ronan Farrow, du «New Yorker», ont produit du journalisme «explosif et percutant qui a exposé des prédateurs sexuels riches et puissants», a déclaré Mme Canedy.

Ces articles ont mené à la démission de M. Weinstein, qui fait aussi l’objet d’enquêtes criminelles à New York et à Los Angeles. Il s’est excusé «pour la façon dont il a agi avec des collègues par le passé», mais il a nié tout contact sexuel sans consentement.

Les publications ont donné lieu à une vague de dénonciations qui ont fait basculer plusieurs personnalités publiques, dont l’animateur Matt Lauer, l’acteur Kevin Spacey, le journaliste Charlie Rose et le sénateur Al Franken.

Les prix ont été annoncés à l’Université Columbia, qui administre les récompenses. Il s’agit de la 102e présentation de ce prix, instauré par l’éditeur de journaux Joseph Pulitzer.

Les gagnants du prix pour le service public reçoivent une médaille d’or, alors que les autres récipiendaires se voient attribuer un prix de 15 000 $ US chacun.

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