L’armée syrienne a hissé hier le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte contre Bachar el-Assad en 2011, un geste illustrant la nouvelle victoire du régime et de son allié russe.

Une nouvelle fois, le président syrien a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou pour faire plier les rebelles dans cette province méridionale, un secteur sensible bordant la Jordanie et la ligne de démarcation avec Israël sur le plateau du Golan, en partie annexé par l’État hébreu.

Près de trois semaines après l’offensive lancée par le régime dans cette province, les factions insurgées ont été contraintes d’accepter, le 6 juillet, un accord dit de «réconciliation» négocié par la Russie, qui s’apparente en fait à une capitulation.

Cet accord impose aux rebelles l’abandon de leur artillerie lourde et moyenne. Il prévoit aussi le retour des institutions étatiques dans les secteurs insurgés et le départ des combattants refusant de rester sous contrôle du régime vers la province d’Idleb, dans le nord-ouest, qui échappe encore en grande partie aux forces d’Assad.

Mais le geste est pour l’instant «symbolique», a estimé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, précisant que les procédures prévues par l’accord n’ont pas encore été entamées.

«Les factions rebelles sont encore dans la ville de Deraa, celles qui veulent la réconciliation doivent encore abandonner leur artillerie, les procédures n’ont pas encore commencé», a déclaré l’ONG.

«Probablement dans les jours à venir, les combattants refusant la réconciliation seront évacués. Puis, le régime entrera officiellement et procédera à des vérifications», affirme le militant Omar al-Hariri, dans la cité de Deraa. «À ce moment-là, on pourra dire que la ville est totalement sous son contrôle», ajoute-t-il.

La perte de Deraa, située à une centaine de kilomètres de Damas, est d’autant plus symbolique que la ville est considérée comme le «berceau» des manifestations anti-Assad de 2011.Le 6 mars 2011, des adolescents inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne avaient ainsi gribouillé sur les murs de leur école des slogans hostiles au président. La violence avec laquelle les autorités régionales avaient réprimé ces actes avait provoqué des manifestations de la part des habitants de la ville. Ces événements ont marqué le début d’un soulèvement plus vaste à l’échelle du pays.

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