Roberto Schmidt/AFP

L’hécatombe des rhinocéros noirs continue au Kenya, où un dixième animal est mort après avoir été changé de réserve et un onzième a été attaqué par des lions, a annoncé jeudi le gouvernement, après avoir ouvert une enquête sur les neuf décès déjà répertoriés.

«Un dixième rhinocéros est mort. Malheureusement, le onzième s’est fait attaquer par des lions hier (mercredi). Après avoir été soigné, il est depuis sous observation», a déclaré en conférence de presse Najib Balala, le ministre du Tourisme et de la Faune.

Ces 10 animaux décédés faisaient partie d’un groupe de 11 rhinocéros noirs, une espèce en grand danger d’extinction, qui avaient été déplacés le 26 juin des parcs nationaux de Nairobi et Nakuru vers celui de Tsavo-Est (sud).

Plusieurs responsables du Service kényan de la faune (KWS) ayant participé au transfert des rhinocéros ont été suspendus, a indiqué M. Balala.
L’enquête ordonnée la semaine dernière par le ministre pour élucider les causes de ce fiasco laissent apparaître de nombreuses zones d’ombre dans la gestion de ce transfert.

«Selon l’enquête, ces décès sont dus à de multiples syndromes de stress, intensifiés par l’empoisonnement au sel, la déshydratation, la faim et des problèmes gastriques», a précisé M. Balala.

Le déplacement vers un nouvel habitat d’animaux menacés, qui doivent être endormis le temps du voyage, n’est pas sans risques. Mais la mort d’animaux durant ce type d’opérations est rare.

«L’organisation du déplacement s’est révélée défaillante», a estimé David Zimmerman, un vétérinaire de l’organisation des Parcs nationaux d’Afrique du Sud qui a contribué à l’enquête.

Selon lui, les conditions météorologiques à Tsavo-Est n’étaient pas optimales et la méthode de libération des animaux non plus.
Entre 2005 et 2017, 149 rhinocéros avaient été déplacés de la même manière au Kenya et seulement huit étaient décédés, selon le ministère du Tourisme.

Selon l’organisation Save the Rhinos, il reste moins de 5 500 rhinocéros noirs dans le monde, vivant tous en Afrique. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime que le Kenya en abrite 750.

Dans leur milieu naturel, les rhinocéros n’ont que peu de prédateurs, en raison de leur taille et de leur peau épaisse.

Mais de prétendues vertus médicinales attribuées en Asie à leur corne ont alimenté depuis des décennies un braconnage implacable qui a largement décimé l’espèce. Un kilo de corne de rhinocéros se négocie plusieurs dizaines de milliers de dollars au marché noir en Chine et au Vietnam.

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