© coldsnowstorm / IStock.com

Le Sénat irlandais a adopté mercredi une loi instaurant un avertissement contre le risque de cancer sur les étiquettes des boissons alcoolisées et un prix minimum, une initiative visant à réduire la consommation «destructrice» d’alcool en Irlande.

Le projet de loi, qui avait déjà été adopté le 3 octobre par la Chambre basse du Parlement irlandais près de trois ans après avoir été soumis en décembre 2015, et malgré la forte opposition de l’industrie de l’alcool, doit encore être promulgué par le président irlandais pour entrer en vigueur. 

Il s’agit du premier texte traitant de l’alcool comme d’une question de santé publique en Irlande, et touchant au prix, à l’accès, au marketing, à la publicité et à l’étiquetage. 

«L’alcool endommage notre santé, nuit à nos communautés et fait du mal à de nombreuses familles», a commenté le ministre de la Santé, Simon Harris, devant les sénateurs juste après l’adoption de la loi.  

«Il s’agit de mettre en place un certain nombre de mesures (…) pour tenter de changer cette culture destructrice que nous entretenons actuellement avec l’alcool en Irlande», a-t-il expliqué, disant vouloir agir «immédiatement» pour mettre le texte en oeuvre. 

La législation prévoit un prix minimum par unité d’alcool, des restrictions à la publicité pour l’alcool, notamment à la télévision et dans les cinémas, et l’interdiction de publicité dans les parcs publics, aux arrêts de bus et dans les gares. Elle impose aussi l’affichage des calories sur les boissons alcoolisées et des mises en garde sur le lien entre alcool et cancer.  

Selon un rapport publié en 2016 par le Health Research Board, un organe dépendant du ministère de la Santé, l’alcool tue trois personnes par jour en Irlande. 

Après le vote des députés début octobre, le Premier ministre Leo Varadkar avait salué une loi qui «sauvera un nombre incalculable de vies» en Irlande.  

Parmi ses détracteurs, Patricia Callan, la directrice de la Fédération irlandaise des boissons alcoolisées (ABFI), a estimé que ces mesures risquaient d’entraver le commerce de l’alcool et a émis des doutes sur leur efficacité. 

«Des études internationales montrent que les avertissements sont utiles pour susciter une prise de conscience mais ils ne changent pas les comportements», a-t-elle réagi auprès de l’AFP. 

«Il n’y a pas de preuves scientifiques établissant un lien direct entre alcool et cancer», a-t-elle ajouté, affirmant qu’une faible consommation était au contraire bénéfique pour la santé. 

En mai, l’Écosse avait introduit un prix minimum pour l’alcool afin de lutter contre l’alcoolisme. Certains Etats canadiens, la Russie, le Bélarus ou l’Ukraine ont pris des mesures similaires.

Aussi dans Monde :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!