AFP L'actrice Stephanie Clifford (ou Stormy Daniels).

Un tribunal fédéral de Los Angeles a rejeté lundi la plainte en diffamation de l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels, qui accuse Donald Trump de l’avoir dénigrée dans un tweet, et condamné la jeune femme à payer les frais d’avocat du président américain.

Stormy Daniels, qui assure avoir eu une liaison avec Donald Trump entre 2006 et 2007, affirme avoir été abordée en 2011 sur un parking de Las Vegas par un inconnu qui avait menacé de s’en prendre à sa fille si elle évoquait publiquement cette relation. Au coeur d’une guérilla médiatique et juridique contre M. Trump, l’actrice avait fait réaliser et diffuser en avril dernier un portrait-robot de cet inconnu, que le président américain avait tourné en ridicule le lendemain dans un tweet: ce croquis réalisé «des années plus tard, d’un homme qui n’existe pas» relevait pour lui d’une «arnaque absolue».

Pour la jeune femme, ce tweet constituait une diffamation publique devant les 50 millions d’abonnés de Donald Trump. Le juge S. James Otero, du tribunal de Los Angeles, a estimé que cette plainte, initialement déposée à New York, n’était pas fondée.

Dans son jugement, dont l’AFP a eu une copie, il se range aux arguments de la défense de Donald Trump pour laquelle il ne s’agissait que d’une formule «rhétorique», et non d’une appréciation visant spécifiquement la jeune femme, Stéphanie Clifford de son vrai nom.

Pour le magistrat, le tweet présidentiel répondait à «un individu le prenant publiquement à partie» et relevait à ce titre de la liberté d’expression protégée par le sacro-saint premier amendement de la Constitution américaine. «Victoire totale pour le président Trump et défaite totale pour Stormy Daniels», s’est réjoui dans un communiqué l’avocat du chef d’État, Charles J. Harder.

«Le montant accordé pour les frais d’avocat du président Trump sera déterminé ultérieurement», ajoute-t-il. «Nous allons faire appel», a réagi sur Twitter l’avocat de Stormy Daniels, Michael Avenatti, se disant «confiant» dans l’issue de ce recours.

Les autres procédures entamées par sa cliente contre Donald Trump «ne sont pas affectées» par ce jugement, assure-t-il. Dans une procédure distincte devant le même tribunal de Los Angeles, l’actrice de 39 ans conteste un accord de confidentialité qu’elle affirme avoir conclu avec M. Trump pour taire sa liaison en échange d’un versement de 130 000 dollars.

À l’époque de cette relation présumée, le magnat de l’immobilier était déjà marié avec son épouse actuelle, Melania. Leur fils Barron Trump est né en mars 2006. Donald Trump dément pour sa part avoir eu une quelconque relation sexuelle avec l’actrice et a déposé une requête en annulation de cette plainte.

Pour Charles Harder, son client n’a jamais signé un tel accord de confidentialité et n’a de toute façon aucune intention de le faire appliquer, «il n’y a donc aucun contentieux réel». En outre, il souligne que Stormy Daniels «se comporte systématiquement comme si cet accord n’existait pas ou était déjà invalidé», en apparaissant publiquement dans divers médias et conférences de presse pour «décrire cette relation présumée avec M. Trump».

L’ex-avocat de Donald Trump, Michael Cohen, a reconnu devant la justice à New York avoir versé cette somme à Stormy Daniels. Le but? Acheter son silence «à la demande du candidat», afin d’éviter de lui «porter préjudice», selon Michael Cohen.

Le milliardaire a quant à lui reconnu avoir remboursé son ex-avocat pour la somme versée à Stormy Daniels peu avant son élection à la Maison Blanche en novembre 2016, sans plus d’explication. Le juge Otero doit tenir une audience le 3 décembre sur la requête en annulation du président Trump.

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