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Des milliers de migrants honduriens ayant quitté leur pays en «caravane» ont passé en force vendredi la frontière entre le Guatemala et le Mexique à Tecún Umán, dans l’espoir de rejoindre ensuite les États-Unis.

Les migrants honduriens ont enfoncé une clôture métallique qui leur barrait le passage à la frontière guatelmatèque et submergé une première clôture mexicaine jusqu’à un pont frontalier où des forces anti-émeutes mexicaines étaient déployées et leur barraient le passage.

Aux cris de «Oui, on peut» ou «Mexico! Mexico!», la foule, qui compte nombre de femmes et enfants, s’est engouffrée à la frontière après quelques instants de grande tension face à un premier cordon d’une vingtaine de policiers.

«Ouvrez s’il vous plaît!» suppliait une femme en pleurs devant l’ultime barrière, un bébé dans les bras.

Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles, selon un journaliste de l’AFP, et certains migrants ont été victimes de malaise au cours de la bousculade.

«Nous ne faisons rien de mal, nous voulons seulement du travail», expliquait une femme accompagnée d’une fillette au milieu de la foule.

«Nous vous demandons de désigner des représentants pour entamer un dialogue avec les fonctionnaires de migration», leur a répliqué un fonctionnaire mexicain à l’aide d’un haut-parleur. «Ne continuez pas à mettre en danger les femmes et les enfants» a-t-il poursuivi.

«Nous allons y arriver! Nous allons parvenir à rentrer tous ensemble» scandait un jeune homme, alors que la caravane se massait sur le pont.

Défi à Trump

Plus de 3 000 Honduriens sont arrivés en petits groupes, à pied ou par bus, à Tecun Uman ces derniers jours. Ils ont quitté samedi dernier San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, fuyant la misère et la violence dans leur pays.

«La route a été très difficile, effrayante, mais il n’y a pas de travail au Honduras», expliquait Glenda Salvador, 20 ans, au milieu de centaines de compatriotes réunis dans un parc de la ville, à quelques encablures du pont qui enjambe le fleuve Suchiate et relie le Guatemala au Mexique.

Jeudi, le président américain Donald Trump avait menacé de fermer la frontière avec le Mexique si les autorités mexicaines ne bloquaient pas l’avancée de cette caravane de migrants honduriens.

«Je dois, dans les termes les plus fermes, demander au Mexique de stopper cette marche. Si le Mexique n’y arrive pas, je demanderai à l’armée de FERMER NOTRE FRONTIERE SUD», a tweeté le président américain.

«Une crise se profile rapidement, avec un nombre record de migrants», a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’un déplacement à Mexico, où il devait s’entrenir avec le président Enrique Peña Nieto.

«Monte sur un radeau!»

A Ciudad Hidalgo, sur la rive mexicaine, des passeurs tentaient de convaincre par téléphone les Honduriens de traverser en radeau pneumatique.

«Tu vois, tu montes dans un radeau et tu leur dis de vous amener là où on aperçoit la lampe de mon téléphone, dépêchez-vous maintenant que c’est calme, dépêchez-vous», insistait Raul, un passeur, en grande conversation à l’aube sur son téléphone portable.

Une centaine de Honduriens attendent déjà dans cette ville l’arrivée de la «caravane». Ils jouent au football pour tromper l’ennui et la peur des opérations de police.

Les autorités locales s’attendent à l’afflux de 3 000 migrants dans les prochains jours.

Le chef de la police de la ville Gerardo Hernandez a indiqué que cinq refuges avaient été préparés, pouvant héberger jusqu’à 4 000 personnes.

Les fonctionnaires de l’Institut mexicain des migrations sont aussi sur place pour accueillir les migrants et traiter leurs demandes de visas de réfugiés ou de visas humanitaires, les seuls que le gouvernement mexicain s’est dit prêt à accorder.

Des observateurs de la Commission nationale des droits de l’homme ont également été déployés en plusieurs points le long de la frontière avec le Guatemala, qui court sur plus de 900 km, pour accueillir ces Honduriens.

Le Honduras est considéré comme l’un des pays les plus violents du monde, avec un taux annuel de 43 homicides pour 100 000 habitants. Comme au Guatemala et au Salvador, les gangs font régner la terreur au Honduras, où 68% des neuf millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Plus de 500 000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les États-Unis, selon des chiffres de l’ONU.

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