AFP Une mère yéménite porte son enfant souffrant de malnutrition dans ses bras dans un centre hospitalier dans le village Al Mutaynah, le 29 novembre 2018.

Des nouvelles discussions entre le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis pourraient se tenir en 2019 pour confirmer la reprise du dialogue amorcée en Suède sous l’égide de l’ONU en vue d’engager un processus de paix.

Les consultations de Rimbo, une localité rurale située à une cinquantaine de kilomètres de Stockholm, ne sont pas officiellement des pourparlers de paix.

Elle doivent permettre aux belligérants de se parler après quatre années d’un conflit qui a fait au moins 10.000 morts et placé jusqu’à 20 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire.

Selon une source de l’ONU, les deux camps ont exprimé leur disposition à se revoir dans les mois qui viennent.

« Si nous quittons ces consultations en ayant fait des progrès – progrès sur l’instauration de la confiance et l’établissement d’un cadre -, nous pouvons avoir un nouveau cycle de discussions » dans les prochains mois, a confirmé le chef de la délégation rebelle, Mohammed Abdelsalam.

Le gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite sunnite et la rébellion appuyée par l’Iran chiite sont réunis près de Stockholm pour des consultations sous l’égide de l’ONU, une première depuis deux ans et demi.

Le ton demeure largement hostile entre les deux camps, du moins publiquement, mais des responsables onusiens se sont félicités de « l’esprit positif » des négociateurs et ont fait état d’avancées sur les conditions de mise en oeuvre d’un accord d’échange de prisonniers conclu cette semaine.

Les négociateurs gouvernementaux ont indiqué dimanche avoir rencontré leurs interlocuteurs rebelles face-à-face pour discuter de l’échange de prisonniers qui doit être supervisé par le Comité international de la Croix-Rouge.

Il n’est pas encore question en revanche de négocier un cessez-le-feu.

Selon un responsable onusien, le sort du port stratégique de Hodeida (ouest) est la question la plus épineuse à l’ordre du jour.

« Hodeida est la plus difficile », a déclaré cette source, ajoutant que des progrès sur ce dossier étaient cruciaux pour résoudre le conflit.

La situation humanitaire s’est récemment détériorée en raison de l’insécurité à Hodeida, ville portuaire sur la mer Rouge par où transitent 70% des importations yéménites, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Les forces progouvernementales, appuyées par la coalition militaire sous commandement saoudien, tentent de reprendre depuis des mois cette ville aux rebelles, soutenus par l’Iran, au prix de combats meurtriers.

Le gouvernement yéménite exige vainement le retrait intégral des rebelles du port, et les accuse de l’utiliser pour importer des armes.

Soutien des Etats clés
Toutes les tentatives pour mettre fin à la guerre qui dure depuis quatre ans ont jusqu’ici échoué, alors que la situation humanitaire au Yémen, la pire du monde selon l’ONU, se dégrade de jour en jour.

En septembre, des pourparlers de paix ont achoppé sur le refus des négociateurs Houthis de se rendre à Genève sans garanties sur leur voyage de retour vers Sanaa et sur l’évacuation de rebelles blessés vers Oman.

Mais les images de dévastation provoquée par les raids aériens de la coalition et celles de la crise humanitaire, ont convaincu les grandes puissances de la nécessité d’accélérer un règlement du conflit.

L’Arabie saoudite reste également sous pression, empêtrée dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, tué dans le consulat de son pays début octobre à Istanbul.

« Sans le soutien des Etats clés, il n’y aura pas de solution », a prévenu dimanche une source onusiennes.

Les ambassadeurs de pays ayant une représentation diplomatique au Yémen, dont l’Arabie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, sont présents en Suède. Ils n’assistent toutefois pas eux-mêmes aux consultations.

Parmi les nombreux dossiers à l’étude figurent également la situation économique catastrophique du pays, la réouverture de l’aéroport de la capitale Sanaa et des corridors humanitaires.

Dans un rapport publié samedi, des agences de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, du Fonds pour l’enfance (Unicef) et du Programme alimentaire mondial ont indiqué que jusqu’à 20 millions de Yéménites étaient actuellement en situation d’insécurité alimentaire. Quelque « 15,9 millions de personnes se réveillent déjà affamés », ont-elles alerté.

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