Joe Raedle Le séisme a eu lien il y a maintenant trois ans

Des milliers de ressortissants haïtiens, qui sont débarqués à Montréal en catastrophe après le tremblement de terre survenu il y a trois ans dans la Perle des Antilles, tentent toujours de régulariser leur situation auprès de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC).

«Ils ne savent pas si on va les renvoyer ou si leur visa sera de nouveau renouvelé», a expliqué la directrice de la Maison d’Haïti, Marjorie Villefranche. Elle estime qu’ils sont environ 2000 Haïtiens a vivre dans cette incertitude. Ils ont en main un permis de séjour temporaire et un permis de travail qui sont régulièrement renouvelés.

Plusieurs de ces Haïtiens ont demandé le statut de résident permanent pour cause humanitaire au CIC, mais la majorité a essuyé un refus, d’après Mme Villefranche. Les autorités canadiennes seraient davantage pointilleuses, tant pour ce qui est des documents exigés et des garanties demandées, a indiqué de son côté le journaliste et animateur de la radio CPAM, Pierre Emmanuel Jean. «On aurait reconsidéré la situation en Haïti puisque ce n’est plus un contexte d’urgence», a-t-il mentionné.

En plus, ces ressortissants haïtiens, qui souhaitent s’établir de façon permanente au Canada, peinent à avoir des réponses à leurs questions auprès de CIC depuis que plusieurs bureaux du ministère fédéral ont fermés leurs portes en juin 2012 et que les services offerts directement au comptoir ont été supprimés. «Les dossiers sont disséminés au Canada et les personnes qui les traitent ne connaissent pas la situation des Haïtiens», a confié Mme Villefranche. Ça devient de plus en plus compliqué et de plus en plus déshumanisant.»

Pour le moment, ces ressortissants peuvent demeurer à Montréal puisqu’Haïti fait partie des pays dont les ressortissants ne sont pas renvoyés dans leur pays d’origine par les autorités canadiennes en raison de ses difficultés de reconstruction. CIC a d’ailleurs reconduit en août dernier les mesures visant à aider ces Haïtiens à obtenir un permis de travail. «Ces Haïtiens contribuent à la société. Ils ont des enfants qui fréquentent l’école. Ils n’ont plus de famille en Haïti. Ils ont tout perdu», rapporte Marjorie Villefranche.

Métro a communiqué avec CIC pour savoir ce qui arrivera à ces ressortissant haïtiens, mais le ministère fédéral n’a pas été en mesure de répondre à nos questions au moment de mettre en ligne.

Haïti toujours en difficulté
Haïti n’a rien pour encourager le retour de ses ressortissants, d’après le journaliste Pierre Emmanuel Jean. Le pays peine à se relever du terrible séisme de janvier 2010.

  • Les efforts de reconstruction sont minés par les catastrophes naturelles (tempêtes tropicales), les maladies, l’instabilité politique et les difficultés économiques.
  • Les bailleurs de fonds, qui ont promis des milliards, sont victimes du ralentissement économique mondial, selon M. Jean, ce qui fait qu’ils n’ont pas pu verser tout l’argent promis. Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, a récemment indiqué qu’il comptait geler l’aide canadienne à Haïti.
  • «Le pays devient ainsi de plus en plus dépendant», a dit le journaliste d’origine haïtienne.

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