instagram.com/elona_x Elonë Kastratia imprime des messages qui parlent de viol et de sexisme sur des serviettes hygiéniques, qu’elle installe ensuite sur les panneaux de signalisation de sa ville, Karlsruhe, dans le sud-ouest de l’Allemagne.

Les menstruations demeurent un sujet tabou partout dans le monde. Elonë Krastatia, une jeune Allemande, fervente d’Instagram, a décidé de renverser la vapeur en créant une campagne féministe nouveau genre, une forme d’art de rue qui utilise la serviette hygiénique comme support.

Quel est le message que vous souhaitez faire passer à l’aide de cette campagne?
J’utilise la provocation pour faire comprendre que les femmes ont une voix aussi valable que celle des hommes, et que cette voix doit se faire entendre.

Et quelle est la genèse de cette initiative hors du commun?
C’est la Journée de la femme, le 8 mars, qui m’en a donné l’idée. Ce n’est pas pour rien qu’on a décrété qu’il y aurait un jour dans l’année consacrée à la cause des femmes: le but, à l’origine, c’était de promouvoir l’égalité des sexes. Mon initiative est une manière amusante de rappeler l’importance de cette cause – mais elle comporte une part de provocation, j’en suis consciente.

En raison de l’usage que vous faites des serviettes hygiéniques?
Oui. Vous savez, les menstruations sont une chose normale, et pourtant, bien des gens sont complètement incapables d’en parler! Ça les rend horriblement mal à l’aise. Je n’aurais jamais pu m’imaginer que des clichés de serviettes hygiéniques collées sur des feux de circulation seraient si choquants qu’ils se répandraient comme une traînée de poudre dans le monde entier en quelques jours à peine. En voyant ce phénomène, je me dis que le support sur lequel j’ai inscrit mes messages porte déjà un message en lui-même.

Certaines personnes diront que ce type d’affichage sur la voie publique est interdit, que c’est une nuisance, voire une forme de pollution…
Ce que je fais, c’est de l’art, et l’art ne répond pas aux règles habituelles. Parler de gaspillage de serviettes hygiéniques, c’est passer à côté de l’essentiel: le monde entier discute en ce moment de cette campagne et, surtout, de la question du sexisme. Comme moyen de sensibilisation, c’est extrêmement efficace!

Craignez-vous que votre campagne puisse être interprétée comme haineuse envers les hommes?
Elle ne l’est pas du tout! Des hommes de partout dans le monde m’appuient. J’ai reçu des commentaires d’Indiens, d’Africains, de Mexicains qui me disent aimer et approuver ce que j’ai fait. Si des gens croient que mes installations sont anti-hommes, eh bien, c’est le reflet de leurs propres préjugés. En fait, je reçois surtout des appuis: parmi les messages qu’on m’envoie, seul un commentaire sur 50 environ est haineux.

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