Bikram Rai Bikram Rai / The Associated Press

MONTRÉAL – Le séisme survenu mardi au Népal a fait craindre le pire chez le personnel d’UNICEF déployé sur le terrain pour venir en aide au peuple népalais.

Une porte-parole d’UNICEF à Katmandou, Mariana Palavra, était encore sous le choc au moment de son entretien avec La Presse Canadienne.

Elle a affirmé que la terre a bougé pendant au moins une minute, ce qui lui a paru «une éternité». Son collègue Kent Page, un Canadien qui oeuvre pour l’UNICEF à Katmandou, a fait le même constat.

Mme Palavra raconte avoir ressenti d’autres secousses de plus faible magnitude aux cinq et aux dix minutes pendant plusieurs heures suivant le premier séisme. Elle se trouvait alors au bureau des Nations unies à Katmandou.

Kent Page, lui, était avec une équipe de tournage de l’agence de presse Reuters dans une école de la capitale népalaise. Le caméraman a donc pu filmer la scène. M. Page dit qu’il a fallu une seconde ou deux avant de réaliser ce qui se passait. Tout le monde a réussi à sortir à temps dans la cour de l’école.

Le séisme d’une magnitude de 7,3 est survenu un peu plus de deux semaines après celui du 25 avril qui a fait plus de 8000 morts. Il a surtout ébranlé une région isolée du nord du pays entre Katmandou et le mont Everest, à proximité de la frontière avec la Chine. La plupart des dégâts et des victimes se trouvent d’ailleurs dans le même secteur durement touché à la fin d’avril.

Les communications avec cette région étaient impossibles, causant des inquiétudes chez Mme Palavra.

L’équipe d’UNICEF s’est empressée d’acheminer des médicaments et de l’eau à ce secteur difficile d’accès.

«C’est le doute, en ce moment, à savoir si les camions vont être capables de se rendre là-bas», a dit Mariana Palavra.

Ces nouvelles secousses viennent alourdir le travail effectué au cours des deux dernières semaines.

«Les équipes étaient déjà trop peu nombreuses pour faire un véritable constat des dégâts après le premier séisme. On commençait à avoir des informations», a résumé la porte-parole d’UNICEF.

Un tel séisme ramène, en quelque sorte, les équipes d’aide internationale et les Népalais à la case départ.

«Ce que j’ai remarqué, c’est la peur, le trauma. C’était de retourner dans le passé pour tous les collègues. C’est sûr. On le sent en parlant avec les collègues, en parlant avec les citoyens», a raconté Mme Palavra.

D’ailleurs, mardi soir, les Népalais avaient peur d’entrer chez eux, par crainte de nouvelles secousses durant la nuit.

M. Page, de Mississauga, en Ontario, craint les dommages psychologiques chez les enfants après ces deux séismes.

L’UNICEF aide 1,7 million d’enfants dans le pays.

De leurs côtés, les soldats canadiens membres de l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) et le personnel du gouvernement canadien, qui ont été déployés sur place, sont sains et saufs, selon le ministère des Affaires étrangères.

À la fin de la semaine dernière, au moins 200 militaires canadiens se trouvaient au Népal.

Certains membres de l’Équipe d’intervention se sont retrouvés coincés sur une route en raison d’un glissement de terrain. Ils ont donc été temporairement bloqués lors d’une visite de villages reculés, les empêchant de revenir au camp Sumitra, situé à environ 70 kilomètres au nord de Katmandou, a expliqué la porte-parole du EICC, la lieutenant-commandant Kelly Williamson, en entrevue à La Presse Canadienne.

«Ils étaient très bien. Nous avons envoyé de la machinerie lourde que nous avions au camp Sumitra et ils ont fait dégager la route», a précisé M. Williamson.

L’armée népalaise a fait appel à l’aide des membres de l’équipe médicale du EICC pour lui venir en aide dans un hôpital mis en place à l’aéroport de Katmandou.

Le Canada a annoncé une contribution de 5 millions $ en aide humanitaire au Népal à la suite de la tragédie du 25 avril dernier.

Le gouvernement fédéral a également dit qu’il va doubler les contributions des Canadiens aux organismes de bienfaisance pour les efforts de secours au Népal.

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