Archives Métro Stephen Harper et Barack Obama.

SCHLOSS ELMAU, Allemagne – Le secteur de l’énergie du Canada devra se transformer pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à long terme, a déclaré le premier ministre Stephen Harper lundi.

Il a fait ces commentaires au terme du sommet des leaders du G7, qui a invité ses membres à réduire l’empreinte carbone de leurs secteurs énergétiques d’ici 2050, ce qui a de sérieuses implications pour les sables bitumineux de l’Alberta, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre (GES).

Lors du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel s’est retrouvée loin de son but, qui était de voir les membres prendre un engagement ferme d’avoir une économie à faibles émissions de carbone d’ici 2050. À la place, les membres du G7 ont convenu d’un objectif visant une économie sans carbone, mais pas avant 2100.

«Nous nous engageons à faire notre part pour concrétiser une économie globale à faibles émissions de carbone à long terme, incluant le développement et le déploiement de technologies innovantes pour réaliser une transformation des secteurs énergétiques d’ici 2050, et nous invitons tous les pays à se joindre à nous dans cette entreprise», ont écrit les leaders dans leur communiqué final.

«Dans ce but, nous nous engageons également à développer des stratégies nationales à long terme visant à réduire les émissions de carbone.»

Interrogé sur ce que cela signifiait pour le secteur énergétique du Canada, M. Harper a répondu:

«Personne ne va commencer à fermer ses industries et à éteindre les lumières. Nous devons simplement trouver des façons de créer des sources d’énergie faibles en émissions de carbone.»

Le premier ministre Stephen Harper a participé aux discussions écourtées des leaders du G7 sur les changements climatiques, lundi, alors que le sommet tirait à sa fin après deux journées.

«Tous les leaders comprennent que pour atteindre ce type de jalon au cours des décennies à venir, des transformations technologiques seront nécessaires», a ajouté M. Harper.

La Presse Canadienne s’est fait dire par des sources qui ont vu le document de travail, avant qu’il ne devienne le communiqué officiel du G7, que le Canada et le Japon avaient bloqué les tentatives d’en arriver à une déclaration plus ferme sur des cibles contraignantes de réduction des GES.

M. Harper et Mme Merkel ont discuté ensemble dimanche, mais le bureau du premier ministre a indiqué que les changements climatiques ne faisaient pas partie de la conversation.

«C’est choquant de voir que M. Harper n’a même pas fait l’effort de soulever la question des changements climatiques comme sujet de discussion lors de la rencontre bilatérale avec la chancelière Merkel», a déclaré le porte-parole du NPD en matière d’Affaires étrangères, Paul Dewar.

Il a ajouté que M. Harper était déconnecté et qu’il mettait le Canada à l’écart sur la scène internationale.

Le porte-parole en Environnement du Parti libéral, John McKay, a dit que le gouvernement mettait le Canada dans l’embarras.

«Les autres pays du G7 ont clairement identifié des actions vigoureuses et immédiates pour s’attaquer aux changements climatiques, a-t-il dit dans un communiqué. Malheureusement, M. Harper s’efforce de bloquer tout progrès, que ce soit au pays ou à l’international».

Le personnel de M. Harper a fait savoir que les discussions sur le climat, dirigées par la délégation de la France, avaient mis l’accent sur des initiatives communes de réduction des gaz à effet de serre et sur les questions de sécurité énergétique face aux menaces internationales croissantes.

Il a expliqué que les chefs des gouvernements avaient ainsi décidé de consacrer une partie du temps de discussion prévu aux changements climatiques aux questions de menaces à la sécurité posées par les djihadistes de Boko Haram au Nigéria et par les militants islamistes en Syrie et en Irak.

Un haut fonctionnaire canadien a relevé que les émissions de GES du Canada en 2013 étaient de 3,1 pour cent en deçà des niveaux de 2005.

Bien que les émissions aient chuté en deçà des niveaux de 2005 lors de la récession globale de 2008-09, les données d’Environnement Canada montrent qu’elles ont été sur une lancée croissante lente, mais stable, pendant les quatre années suivantes et jusqu’en 2013, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles.

«Nous croyons que nous avons une cible juste et ambitieuse de réduction qui s’aligne avec celle des autres économies industrialisées. Cela reflète nos circonstances nationales», a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

D’autres groupes sont en désaccord.

«Il est assez clair que le Canada et le Japon sont à un endroit bien différent du reste des pays du G7 sur la question des changements climatiques», a déclaré Jennifer Morgan, la directrice du programme de climat mondial de l’Institut World Ressources de Washington.

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