Amr Nabil / The Associated Press Mohammed Fahmy

La saga judiciaire de Mohamed Fahmy s’est encore une fois étirée, jeudi, une cour égyptienne ayant abruptement reporté le verdict de son procès pour terrorisme.

Le journaliste canadien — qui a été arrêté il y a 19 mois, a exprimé sa frustration face à cette décision, qui l’obligera à retourner en cour le 2 août.

M. Fahmy a confié à La Presse Canadienne qu’il trouvait «ahurissante, cette manière de continuer à jouer avec nos émotions».

Le journaliste a affirmé qu’il lui avait fallu des heures avant d’obtenir la confirmation du report.

Il a obtenu le premier indice lorsqu’il attendait, avec des journalistes, de pouvoir entrer dans le palais de justice. Or, les portes n’ont jamais été ouvertes.

Des agents de sécurité ont alors demandé au groupe de se déplacer de l’autre côté de la rue.

«Soudain, nous avons simplement été escortés, loin de là, et nous n’avions aucune information. Nous n’avions aucune idée», a-t-il raconté.

Ses avocats lui ont par la suite confirmé qu’il devait se représenter en cour dimanche, mais des rumeurs veulent que même cette date soit encore repoussée. Selon deux responsables judiciaires qui ont requis l’anonymat, le juge affecté au dossier est très malade.

M. Fahmy a admis qu’il n’était pas préparé à un report du prononcé de verdict.

«Aujourd’hui, j’ai apporté avec un moi un sac avec des serviettes, une brosse à dents, des pantoufles, juste au cas où je serais condamné. Notre vie est à ce point contrôlée par cette épreuve. C’est vraiment, vraiment stressant.»

La ministre d’État des Affaires étrangères et consulaires, Lynne Yelich, a affirmé que le gouvernement exhortait l’Égypte à utiliser «tous les outils à sa disposition pour clore le dossier Fahmy».

«Nous sommes profondément inquiets de la situation actuelle de M. Fahmy et déçus du retard persistant dans son procès, a-t-elle déclaré. Nous demandons à toutes les branches du gouvernement égyptien de collaborer de manière concertée pour régler la situation de M. Fahmy.»

Mohamed Fahmy a été inculpé pour incitation au terrorisme. Il a passé plus d’un an en détention avant d’obtenir une libération sous caution en février dernier.

M. Fahmy était le chef de bureau au Caire du réseau anglophone d’Al-Jazeera lorsqu’il a été arrêté, en décembre 2013, avec deux de ses collègues, l’Australien Peter Greste et l’Égyptien Baher Mohamed.

Ils ont été soupçonnés d’avoir soutenu les Frères musulmans, une organisation liée au président déchu Mohamed Morsi qui est désormais interdite au pays. On leur avait aussi reproché d’avoir falsifié des reportages qui pourraient mettre en péril la sécurité nationale. Al-Jazeera est un média basé au Qatar. Or, l’Égypte et le Qatar ont des relations tendues depuis 2013, dans la foulée de la destitution par les militaires de Mohamed Morsi. Le Qatar est un allié important des Frères musulmans.

Les trois journalistes avaient d’abord été condamnés à plusieurs années de prison chacun avant qu’ils ne portent leur cause en appel et qu’une cour ordonne un nouveau procès, celui qui doit déboucher sur un verdict le 8 août.

Mohammed Fahmy pourrait faire face à l’incarcération, à une sentence suspendue, à une sentence réduite pour le temps qu’il a déjà passé en détention, ou à un verdict de non-culpabilité.

Malgré l’anxiété de la semaine dernière, M. Fahmy et sa fiancée se sont mariés, pour qu’elle puisse aisément le visiter en prison si jamais il était condamné.

Son épouse, Marwa Omara, a reçu un visa temporaire pour le Canada et le couple prévoit «sauter dans un avion pour Vancouver dès que cette galère sera terminée».

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