Tommaso Boddi Le co-fondateur de Tinder, Sean Rad, a accordé une entrevue exclusive à Métro. «Tinder est un party 24 heures par jour à votre bureau, dans votre cubicule...» a affirmé l’entrepreneur de 29 ans.

Sean Rad, l’entrepreneur à qui on doit l’application mobile Tinder, explique à Métro pourquoi sa création, qui est moins une application de drague qu’un réseau social, est en train de modifier la manière dont les gens font des rencontres.

Sean Rad est sûr de lui. Rien de surprenant de la part du créateur de l’application qui rapproche de parfaits étrangers. Si vous n’êtes pas familier avec la manière dont fonctionne Tinder, disons simplement que les usagers regardent des photos de profils qu’ils font défiler vers la droite si la personne leur plaît ou vers la gauche dans le cas contraire. Si deux personnes balaient leurs profils respectifs vers la droite, Tinder ouvre une conversation privée afin qu’elles puissent discuter et planifier une «véritable» rencontre.

«La différence entre Tinder et les autres sites de rencontre est que ces derniers s’adressent à des personnes qui cherchent quelque chose de très précis, tandis que Tinder est pour tous les autres, qui ne savent pas du tout ce qu’ils veulent», fait valoir M. Rad.

Apparemment, ces «autres» sont très nombreux, comme l’indiquent les neuf milliards de mises en relation effectuées sur Tinder jusqu’à maintenant. Même des célébrités comme Hilary Duff et Leonardo DiCaprio l’utilisent.

Malgré son indéniable succès, Tinder n’est pas sans susciter certaines controverses. En 2014, Whitney Wolfe, la seule femme cofondatrice de l’application, a déposé une plainte pour discrimination et harcèlement sexuel contre son collègue et petit ami Justin Mateen. Résultat : Sean Rad est passé de directeur général à président, tandis que Mateen, qui est son meilleur ami, est devenu un consultant occasionnel. On semble toutefois rester à la tête de Tinder aussi longtemps que le temps moyen des relations créées par l’application.

Depuis que la présente entrevue a eu lieu, le nouveau directeur général Chris Payne, qui avait quitté son poste à eBay en mars, a été rétrogradé en août, et Sean Rad a repris son ancien titre. La chose a de quoi surprendre, puisque Rad disait être «submergé par le travail qu’implique la direction de l’entreprise». Il ajoutait même: «Il a fallu longtemps pour trouver la bonne personne – environ huit mois –, mais nous y sommes parvenus; nous avons une excellente collaboration.»

L’application a également fait les frais d’une campagne de salissage médiatique : on l’a notamment accusée d’être responsable d’une hausse des cas de chlamydia, en plus d’affirmer qu’un utilisateur sur trois était marié. Tinder a démontré que ces deux allégations, que Sean Rad qualifie de «foutaises», étaient fausses.

«Notre application est différente des autres, car elle résout un problème : elle élimine le rejet qui accompagne la drague, explique Sean Rad. Même si vous êtes le gars le plus social au monde, ça simplifie les choses; parfois, le moment est mal choisi pour approcher quelqu’un.»

Son fondateur a beau croire que Tinder a éliminé le rejet qu’implique parfois la drague, cela n’est pas vrai pour tout le monde. Les membres de la communauté transgenre, par exemple, sont expulsés du site, dénoncés à tort par des utilisateurs intolérants. «Nous travaillons à offrir une plus grande variété de genres. En ce moment, nous devons réfléchir à la manière de le faire à l’intérieur de l’écosystème de la communauté transgenre, affirme-t-il. Nous en sommes à l’étape de la recherche, mais nous mettrons bientôt quelque chose en place pour empêcher que les comptes de la communauté transgenre soient suspendus.»

Pour Sean Rad, l’application représente plus qu’un amusement passager. Il s’agit, selon lui, d’une véritable révolution : «Tinder est un phénomène social. Il aide à faire bouger les choses.»

Tinder en chiffres
Le service de rencontre Tinder suscite un engouement mondial.
• Popularité. 26 millions de mi-ses en relation sont effectuées sur Tinder quotidiennement.
• Mises en relation. 9 milliards de mises en relation ont eu lieu jusqu’à maintenant (depuis le lancement de Tinder, en septembre 2012).
• Mondial. 196 pays utilisent Tinder.
• Cosmopolite. 30 langues sont utilisées sur Tinder.
• Addictif. 1 heure est le temps moyen que passent chaque jour les utilisateurs sur Tinder.

Top 8 des utilisateurs de Tinder
1 États-Unis
2 Brésil
3 Royaume-Uni
4 France
5 Canada
6 Australie
7 Allemagne
8 Pays-Bas

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