La question de l’utilisation de drogues par les djihadistes de Daech pour commettre leurs exactions fait partie des nombreux questionnements concernant le groupe terroriste qui a revendiqué les attentats de Paris. Notre éclairage.

« Ils n’ont pas ouvert la fenêtre et m’ont regardé méchamment. On aurait cru des morts-vivants, comme s’ils étaient drogués », a rapporté le Figaro. Parmi les nombreux témoignages recueillis après les attentats de Paris, celui du client d’un bar ayant croisé les terroristes devant le Bataclan évoque les conditions dans lesquelles ils s’apprêtaient à abattre froidement 89 personnes. Une tuerie perpétrée sous l’emprise de la drogue? Incertaine pour l’heure, cette piste est néanmoins accréditée par les méthodes de Daech en Syrie.

« Tu ne connais plus la peur »
Depuis plusieurs mois, les récits en provenance du front syrien ou irakien font état de la consommation de Captagon. Un stimulant de la famille des amphétamines, composé notamment de métamphétamine et d’ecstasy (dont le principe actif est la MDMA). Consommé modérément, il stimule la production de dopamine et améliore la concentration, mais peut engendrer de graves lésions cardiaques. « Ça donne la pêche, tu te mets à combattre sans te fatiguer, tu marches droit devant toi, tu ne connais plus la peur. Les combattants l’utilisent pour veiller, pour contrôler leurs nerfs et augmenter leurs performances sexuelles », a expliqué un trafiquant dans un documentaire diffusé sur Arte.

Preuve de son efficacité, le Captagon aurait même été utilisé dans le monde du sport, en France. Selon le journaliste Pierre Ballester, qui cite le médecin du XV de France Jacques Mombet dans son livre « Rugby à charges », les joueurs français auraient consommé ce produit, ou d’autres, avant tous les matchs dans les années 1980. Bernard Laporte a d’ailleurs admis que cela se faisait à cette période.

Dans les rangs djihadistes, la pilule ferait des miracles à en croire les chiffres : en 2014, plus de 50 millions de cachets auraient été vendus. Un business très lucratif puisque selon Reuters, il ne faut que « quelques milliers de dollars » pour produire 200.000 pilules. Ces dernières rapporteront 1,2 million de dollars une fois mis sur le marché syrien, où le comprimé coûte entre 5 et 20 dollars.

Aussi dans Monde :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!