Getty Images L’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan (photo), aurait ordonné le détournement de 2,5 G$ pour faire campagne. Il a finalement perdu en mars 2014 devant Muhammudu Buhari, un ancien dictateur retourné au pouvoir par les urnes.

Cinquante-cinq personnes, dont des gouverneurs, des ministres et des fonctionnaires, ont subtilisé plus de 13 G$ au Trésor public nigérian de 2006 à 2013, a indiqué hier le ministre nigérian de l’Information, Lai Mohammed.

Le ministre a fait ces allégations alors que débute une «campagne nationale de sensibilisation» appelant les Nigérians à se joindre à la lutte contre la corruption qui gangrène le pays. Le Nigéria, qui jouit de la plus forte économie du continent, d’une importante industrie pétrolière et de la plus grande population d’Afrique, «devrait être un pays riche», a ajouté M. Mohammed.

Les sommes volées auraient pu servir à la construction de 36 hôpitaux ou éduquer quelque 4 000 enfants jusqu’à l’université, a imagé le ministre, qui n’a identifié aucun des 55 accusés. Il a cependant précisé que des banquiers et des hommes d’affaires faisaient partie du groupe.

De ce 13 G$, environ 2,5 G$ devaient servir à acheter des armes pour lutter contre la secte de Boko Haram, qui mène une insurrection ayant fait plus de 20 000 victimes depuis six ans. Ce montant aurait été détourné au profit de la campagne électorale de l’ancien président Goodluck Jonathan, a accusé M. Mohammed. Jonathan a perdu les élections en mars 2014 devant l’ancien dictateur Muhammadu Buhari, qui a promis d’arrêter à la fois corruption et Boko Haram.

Le président Buhari a nié hier que sa guerre contre la corruption constituait une vendetta contre l’opposition. «Si nous ne tuons pas la corruption, la corruption tuera le Nigeria», a-t-il déclaré.

Le système judiciaire du pays est essentiel dans cette lutte, a ajouté M. Buhari. Trois tribunaux différentes ont accordé une libération sous caution à l’ancien conseil sécuritaire du président Jonathan, Sambo Dasuki, qui a été accusé d’avoir participé au vol de 2,5 G$ au profit de son patron.

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