Adrian Wyld /La Presse canadienne Mohamed Fahmy
LE CAIRE — Le réseau qatari Al-Jazeera poursuit le gouvernement égyptien pour s’en être pris à ses employés — dont le Canadien Mohamed Fahmy — à la suite du renversement du président islamiste Mohammed Morsi, en 2013.
Le réseau a annoncé mercredi dans une déclaration publiée en ligne qu’il n’avait “pas d’autre choix” que de prendre des moyens légaux par l’entremise du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements de Washington.
Depuis plusieurs mois, Le Caire refuse de répondre aux plaintes d’Al-Jazeera, selon le communiqué. Le réseau affirme que les démarches des autorités égyptiennes lui ont causé des pertes de 150 millions $ US.
Le porte-parole du gouvernement égyptien Hossam Qawish n’a pas voulu commenter l’affaire, indiquant que les autorités n’avaient pas lu la poursuite. Al-Jazeera était perçu en Égypte comme le porte-parole des Frères musulmans, liés à l’ex-président Morsi.
Après le coup d’État de 2013, le gouvernement a révoqué les cartes de presse du réseau, perquisitionné ses bureaux et arrêté plusieurs de ses journalistes. Selon le réseau, des employés ont été harcelés, arrêtés et détenus sans accusation ou en lien avec des accusations non fondées et orientées politiquement.
Mohamed Fahmy et ses deux collègues — l’Australien Peter Greste et l’Égyptien Baher Mohamed — ont été arrêtés au Caire en décembre 2013 relativement à des accusations de terrorisme. Les arrestations et le procès avaient suscité l’émoi dans la communauté internationale.
Ils avaient écopé de peines allant jusqu’à dix ans de prison en juin 2014 lorsqu’ils avaient été reconnus coupables de maintenir des liens avec les Frères musulmans — une organisation jugée terroriste par le gouvernement — et de falsification de reportages pour nuire à l’Égypte.
Après un deuxième procès et une autre condamnation, MM. Fahmy et Mohamed ont été libérés. Peter Greste avait été déporté en Australie auparavant. M. Fahmy a déposé une poursuite de 100 millions $ US contre le réseau Al-Jazeera pour conduite négligente, représentation négligente et bris de contrat.
Dans sa poursuite contre l’Égypte, Al-Jazeera évoque d’autres violations, dont des attaques de soldats, de policiers et de “groupes appuyant le gouvernement militaire” et du brouillage de sa diffusion. Ainsi, l’Égypte a porté atteinte à ses obligations en vertu du Traité bilatéral d’investissement entre le Qatar et l’Égypte, conclut le communiqué.

Aussi dans Monde :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!