GENÈVE, Suisse — L’Organisation mondiale de la Santé redoute entre trois et quatre millions d’infections au virus Zika à travers les Amériques au cours de la prochaine année.

Un responsable des épidémies au sein de l’OMS, Sylvain Aldighieri, a expliqué que cette estimation découle des infections à la fièvre dengue, qui est propagée par le même moustique.

Il a ajouté que la majorité des personnes infectées ne présentent aucun symptôme, ce qui engendre une “circulation silencieuse” du virus qui complique l’étude de sa propagation.

Des experts indépendants se réuniront d’urgence lundi, à la demande de l’OMS, pour déterminer si l’épidémie de virus Zika constitue une situation d’urgence internationale pour la santé.

La directrice générale de l’OMS, la docteure Margaret Chan, a prévenu jeudi que le virus — qui a été associé à une explosion du nombre de cas de microcéphalie — se répand de “manière exponentielle”.

La docteure Chan a dit que même si rien ne prouve encore définitivement que le virus soit responsable des malformations congénitales et des problèmes neurologiques rapportés, “le niveau d’inquiétude est très élevé”. L’OMS avait précédemment déclaré que le lien entre le virus Zika et la microcéphalie est pour le moment “circonstanciel”.

La docteure Chan a aussi évoqué un lien possible entre le virus et le syndrome de Guillain-Barré, qui peut provoquer une paralysie temporaire.

“Ces liens possibles, soupçonnés tout récemment, ont rapidement modifié le profit de risque du Zika de menace légère à menace aux proportions inquiétantes. L’incidence accrue de microcéphalie est particulièrement alarmante, puisqu’elle place un fardeau épouvantable sur les familles et les communautés”, a-t-elle dit.

Mme Chan a expliqué que l’OMS est “très inquiète” pour quatre raisons: le lien possible entre le virus et les malformations ou problèmes neurologiques; l’éventualité de sa propagation; le manque d’immunité parmi les habitants des régions touchées; et l’absence de tout traitement, y compris un vaccin.

La dernière situation d’urgence internationale pour la santé proclamée par l’OMS concernait l’épidémie de virus Ebola qui a déferlé sur l’Afrique de l’Ouest en 2014, faisant plus de 11 000 morts. L’OMS avait fait l’objet de nombreuses critiques en raison de la lenteur de sa réaction à cette épidémie, ce qui pourrait expliquer son empressement à étudier la situation cette fois-ci.

Par ailleurs, des données dévoilées mercredi par les autorités brésiliennes ne font qu’ajouter à la confusion.

Le Brésil avait précédemment rapporté 4180 cas présumés de microcéphalie depuis octobre. Mercredi, le gouvernement a annoncé avoir étudié plus attentivement 700 de ces cas, ce qui lui a permis d’en confirmer 270 mais d’en exclure 462 autres. Des experts ont dit que cela ne permet pas de savoir si le virus est responsable des cas de microcéphalie, ni même de mesurer l’ampleur de la crise.

Le Brésil a mobilisé 220 000 militaires pour combattre le moustique Aedes aegypti qui transmet la maladie. Ce moustique est aussi responsable de la propagation des fièvres dengue et jaune, et du virus chikunguya.

Le virus Zika a longtemps été considéré comme une maladie nuisible, puisque ses symptômes sont habituellement plus modestes que ceux de la fièvre dengue qui lui est apparentée. Les Centres américains de prévention et de contrôle de la maladie affirment qu’il est maintenant présent dans une vingtaine de pays.

L’Organisation mondiale de la Santé a prévenu dimanche que le Zika risque de se propager à tous les pays d’Amérique où on retrouve le moustique qui le transmet — à savoir partout, sauf au Canada et au Chili.

Plusieurs pays de la région recommandent maintenant aux femmes de reporter leur grossesse à plus tard.

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