The Associated Press Laurent Gbagbo

LA HAYE, Pays-Bas — L’ancien président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a plaidé non coupable jeudi aux quatre accusations de crimes contre l’humanité qui pèsent contre lui devant la Cour pénale internationale.

Gbagbo et l’ancien leader de Jeunes Patriotes de Côte d’Ivoire, Charles Blé Goudé, sont accusés d’avoir contribué aux atrocités qui ont fait quelque 3000 morts dans la foulée du scrutin présidentiel controversé de 2010.

Blé Goudé a lui aussi enregistré un plaidoyer de non culpabilité lors de l’ouverture du procès.

Les deux hommes ont écouté avec attention pendant la lecture des accusations contre eux. Le tribunal a notamment entendu qu’ils ont comploté pour garder Gbagbo au pouvoir “par tous les moyens nécessaires, y compris en commettant les crimes qui leur sont reprochés”.

“On ne devait reculer devant rien pour assurer la victoire de M. Gbagbo, a déclaré la procureure Fatou Bensouda aux trois juges qui président le procès. Si la politique échouait, alors la violence était perçue comme une forme différente de politique.”

Mme Bensouda a l’intention de faire entendre 138 témoins, dont des victimes de la violence et des proches de l’ancien président. Elle a notamment évoqué le cas d’une femme qui aurait été violée à de multiples reprises pendant trois jours, après avoir été arrêtée par les forces de l’ordre alors qu’elle participait à une manifestation contre Gbagbo.

Gbagbo demeure populaire auprès de certains Ivoiriens en dépit des accusations qui pèsent contre lui. Des dizaines de personnes se sont massées à l’extérieur du tribunal pour lui témoigner leur solidarité avant le début d’un procès qui pourrait durer plusieurs mois. Un partisan a estimé que Gbagbo est victime d’un coup d’État perpétré par la France, l’ancienne puissance coloniale.

Gbagbo avait pris le pouvoir en 2000 au terme d’un vote qu’il avait lui-même qualifié de “calamiteux”. Il a pourtant ensuite attendu dix ans avant d’organiser un nouveau scrutin, en 2010. Il a à ce moment devancé Alassane Ouattara au premier tour, avant d’être défait lors du second. Il a ensuite refusé de céder le pouvoir à son rival, provoquant une violente crise.

Gbagbo et Blé Goudé font chacun l’objet de quatre accusations de crimes contre l’humanité. On leur reproche notamment les meurtres et les viols commis par les forces pro-Gbagbo à la fin de 2010 et au début de 2011, au moment où Gbagbo s’accrochait au pouvoir.

Les procureurs affirment que les deux hommes ont mobilisé les forces de l’ordre, les milices de jeunes et des mercenaires pour attaquer les partisans, réels ou perçus, de M. Ouattara.

Human Rights Watch a prévenu que ce procès devrait servir d’avertissement sérieux à tous ceux qui sont prêts à tout faire pour se maintenir au pouvoir.

Amnistie internationale, de son côté, a rappelé que tous ceux qui sont soupçonnés de crimes doivent être traduits en justice — y compris les partisans de M. Ouattara.

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