Uncredited / The Associated Press Walid al-Moallem

Le ministre syrien des Affaires étrangères a prévenu samedi que les troupes saoudiennes ou étrangères qui entreraient dans son pays retourneraient à la maison « dans des cercueils ».

Walid al-Moallem a assuré qu’avec les récentes avancées militaires de son gouvernement, il était « en voie » de mettre fin à la guerre civile qui perdure depuis cinq ans en Syrie.

Les déclarations du ministre surviennent au terme d’une semaine mouvementée qui a vu l’éclatement des négociations de paix des Nations unies et l’avancement d’une offensive du gouvernement syrien près de la ville d’Alep forçant le déplacement de milliers de migrants en Turquie.

La semaine avait pourtant commencé sur une note positive alors que l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura avait proclamé le début des pourparlers indirects de paix entre le gouvernement et la délégation de l’opposition à Genève. Il a toutefois été forcé d’ajourner les discussions parce que l’opposition jugeait qu’il était incohérent de négocier au même moment où le gouvernement augmentait ses attaques près d’Alep.

L’interruption des négociations _ qui sont censées reprendre le 25 février _ a été suivie par un avertissement de l’Arabie Saoudite, un allié de l’opposition, qui a dit être prête à envoyer des troupes au sol en Syrie.

Le ministre russe de la Défense a affirmé pour sa part qu’il avait « de bonnes raisons » de croire que la Turquie, un autre allié de l’opposition, se préparait à une invasion militaire au pays voisin. En visite au Sénégal, le président turc Recep Tayyip Erdogan a ridiculisé les allégations de la Russie, qualifiant ses propos de « risibles », tout en accusant Moscou d’avoir tué de nombreux civils en Syrie.

En conférence de presse, dimanche, M. al-Moallem semblait confiant à l’idée que la guerre en Syrie approche à sa fin alors que le gouvernement a fait plusieurs gains à l’aide des frappes des avions russes. Seulement cette semaine, les avions ont attaqué quelque 900 cibles en Syrie.

Le ministre a appelé les rebelles à « reprendre leurs esprits » et à déposer leurs armes.

Walid al-Moallem a suggéré qu’une invasion saoudienne serait « illogique » mais pas impossible étant donné « la gouvernance saoudienne insensée ».

« Toute invasion au sol en Syrie, sans le consentement du gouvernement syrien, serait considérée comme une agression (…) Je regrette de dire qu’ils retourneront à la maison dans des cercueils », a-t-il ajouté. Il a répété cette dernière phrase trois fois durant la conférence de presse d’une heure, précisant qu’elle s’appliquait à tout pays qui s’attaquerait à la Syrie.

L’Iran, allié de la Syrie, a également ridiculisé la menace de l’Arabie Saoudite. « Ils ont de beaux discours. Mais même si cela arrive, ce ne sera pas mauvais car ils seront définitivement défaits », a dit le général Mohammad Ali Jafari, commandant des Gardiens de la révolution islamique, qui a été ciblé par l’agence de presse semi-officielle Fars.

Par ailleurs, les récentes attaques près d’Alep ont forcé des migrants à se diriger vers la Turquie. Selon un représentant turc, 35 000 Syriens ont été refoulés à la frontière. On leur fournira de l’aide, mais le gouverneur de la province de Kilis a dit qu’il n’avait pas l’intention d’ouvrir la frontière pour l’instant.

À Amsterdam, les ministres des Affaires étrangères de l’Europe ont négocié informellement avec leurs homologues turcs. La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a incité la Turquie à ouvrir ses frontières, rappelant que l’Europe aidait le pays exactement pour des situations comme celle-ci.

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