Ebrahim Noroozi/The Associated Press

À la veille d’élections qui pourraient donner au président Hassan Rohani la majorité parlementaire dont il a besoin pour réveiller une économie à la peine, le camp des réformateurs semble avoir le vent dans les voiles en Iran, gonflé par le retour de la République islamique dans le giron international. Peu importe son issue, le scrutin de demain aura des répercussions majeures sur les décennies à venir dans ce pays.

La relance
«Le moment est important pour Rohani, car il a besoin d’un Parlement qui l’appuie s’il veut apporter à l’économie les réformes nécessaires à sa relance», explique Hanieh Ziaei, coordonnatrice de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand, à l’UQAM.

Deux mandats de Mahmoud Ahmadinejad qui se sont révélés catastrophiques pour la prospérité du pays, conjugués à des décennies de sanctions américaines, ont laissé l’économie du pays exsangue – au point où la télévision d’État a un moment interdit de diffuser des images de viande, pour ne pas exciter la faim d’une population qui ne pouvait plus s’en payer…

«Trois camps s’affrontent demain : les conservateurs, dont le discours est très hostile envers Rohani, les réformateurs et les modérés. C’est sur les deux derniers que le président iranien compte pour faire sortir son pays de l’isolement.»

Une campagne lancée en octobre dernier afin d’encourager l’accession des Iraniennes aux postes de pouvoir caresse de grandes ambitions : celles de faire passer de 9 % à 30 % le nombre d’élues au Parlement. Près de 600 candidates ont pu se présenter aux élections législatives cette année, un chiffre qui demeure petit, considérant que les femmes composent 62 % des universitaires du pays.

L’ayatollah
Les Iraniens éliront demain l’assemblée des experts, soit 86 dignitaires mandatés pour 8 ans qui seront chargés de désigner le successeur de celui qui est le véritable chef d’État en Iran : le Guide suprême.

«L’ayatollah est le véritable chef de l’État iranien. La Constitution lui accorde beaucoup de pouvoirs, et toutes les décisions importantes doivent recevoir son aval avant d’être adoptées», souligne Mme Ziaei, qui est également doctorante et chargée de cours au Département de sociologie de l’UQAM.

«Soixante-dix pour cent de la population en Iran a moins de 35 ans. C’est une jeunesse branchée qui aspire à faire partie de la communauté mondiale.» -Hanieh Ziaei

L’actuel occupant du poste, l’ayatollah Ali Khamenei, vieillit. À 75 ans, sa santé chancelle, et des rumeurs persistantes le mettent aux prises avec un virulent cancer de la prostate.

«Le scrutin de demain sera donc d’une importance cruciale, car la désignation d’un nouveau Guide suprême – un titre à vie – a un impact sur plusieurs générations en Iran.»

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