Achmad Ibrahim Neil Bantleman, Tracy Bantleman. Achmad Ibrahim / The Associated Press

JAKARTA, Indonésie – La Cour suprême d’Indonésie a renversé, mercredi, l’acquittement prononcé en appel d’un enseignant ontarien accusé d’avoir agressé sexuellement trois jeunes élèves d’une prestigieuse école internationale de la capitale.

De plus, Neil Bantleman et un adjoint indonésien, Ferdinand Tijong, devront purger une peine de onze ans de prison, alors qu’ils avaient été condamnés à 10 ans de prison en première instance. Ils ont aussi été condamnés à payer une amende de 7440 $ chacun.

Les deux hommes avaient d’abord été reconnus coupables en première instance et condamnés à 10 ans de prison, en avril 2015, mais la Haute Cour les avait acquittés en appel, quatre mois plus tard. Le ministère public avait ensuite fait appel de ces acquittements en Cour suprême.

Selon un porte-parole de la Cour suprême, la formation de trois juges a été convaincue que les deux accusés avaient bel et bien enfreint la Loi de la protection de l’enfance de 2007.

En vertu du droit indonésien, les deux inculpés peuvent demander une révision judiciaire à la Cour suprême s’ils croient détenir de nouvelles preuves. Le frère de M. Bantleman, Guy, de Burlington, en Ontario, a indiqué que les proches s’attelleront à cette tâche immédiatement.

Neil Bantleman ne se trouvait pas à Jakarta lorsque le nouveau verdict a été prononcé, mercredi, mais son frère a indiqué qu’il se rendrait aux autorités après avoir rencontré des représentants consulaires canadiens. Guy Bantleman s’est senti par ailleurs ragaillardi par les propos du ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion — les plus sévères jamais entendus «depuis le début de ce cauchemar», a-t-il dit.

Dans un communiqué publié jeudi, le ministre Dion fait part de l’état de choc et de la consternation de son gouvernement face à ce revirement judiciaire.

«Cette décision est injuste, compte tenu des nombreuses irrégularités graves survenues tout au long des diverses procédures dans cette affaire et du fait que toutes les preuves présentées par la défense ont été systématiquement rejetées, écrit le ministre. M. Bantleman et M. Tjiong n’ont pas eu la possibilité de prouver leur innocence. Malgré les appels répétés du Canada en faveur d’une application régulière de la loi, cette affaire n’a pas été traitée de manière équitable et transparente.»

Le ministre Dion a par ailleurs estimé que cette affaire pourrait sérieusement entacher la réputation de l’Indonésie en tant que pays sûr pour les travailleurs canadiens, de même que la coopération historique avec l’Indonésie. «Le Canada poursuivra son intercession en faveur de M. Bantleman auprès des plus hautes instances», a-t-il promis.

L’ambassadeur des États-Unis à Jakarta, Robert O. Blake, s’est dit lui aussi déçu du verdict et du processus judiciaire indonésien, qui entachera l’idée que l’on se fait de «l’État de droit» dans ce pays, a-t-il estimé.

L’École internationale de Jakarta (qui s’appelle aujourd’hui l’École interculturelle de Jakarta) est fréquentée par des enfants de diplomates étrangers en poste dans la capitale, d’expatriés et de membres de l’élite indonésienne. Elle accueille 2400 élèves âgés de trois à 18 ans provenant d’une soixantaine de pays. La direction de l’école et d’autres enseignants avaient témoigné en faveur de M. Bantleman.

En décembre dernier, cinq préposés à l’entretien ménager de l’école arrêtés dans le cadre de cette même affaire avaient été condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans de prison. Selon la police, un sixième suspect s’est suicidé.

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