Josie Desmarais/Métro Christiane Taubira a pris la parole devant un parterre de gens rassemblé par le Club Jean-Jaurès, hier à Montréal.

Elle a claqué la porte de son gouvernement par respect pour ses principes. Maintenant, l’ancienne ministre française de la Justice, Christiane Taubira, sillonne le Québec pour expliquer son aversion pour la loi sur la déchéance de la nationalité, adoptée par les élus français au lendemain des attentats de novembre.

Ce sont les secousses provoquées par le massacre du 13 novembre dernier à Paris qui ont poussé l’ancienne ministre vers la sortie, le 27 janvier 2016. Femme de principe, elle a refusé de se faire complice d’une loi qui prévoit faire perdre la nationalité française aux citoyens d’origine étrangère reconnus coupables de terrorisme. Une mesure qui crée deux classes de Français, selon elle.

«J’ai eu un double choc : d’abord un choc en prenant connaissance de cette loi, et ensuite un choc de voir qu’elle ne choquait personne.»

«Est-on prêt à inscrire dans la Constitution que les Français mono-nationaux et bi-nationaux ne sont pas égaux?» -Christiane Taubira, ancienne ministre française de la Justice

Mme Taubira, qui est de passage au Québec pour donner une série de conférences sur le fragile équilibre entre la liberté et la sécurité à l’ère du terrorisme, estime que la France a «perdu de vue ce qu’elle est» en adoptant cette loi. «On ne peut pas jeter nos valeurs aux orties pour une poignée de terroristes», a lancé l’ancienne ministre.

Mme Taubira croit que les Français originaires de l’étranger, loin d’être une menace, constituent au contraire «les fleurons de la République». «On dit l’histoire de la France, on dit son rayonnement, a-t-elle lancé. On porte en nous des morceaux du monde.»

Mme Taubira a également réitéré son soutien au chef de l’État français, François Hollande, soulignant que «les tragédies que nous avons vécues, nous avons eu de la chance de les vivre sous ce président.»

Aussi dans Monde :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!