Depuis la recrudescence du terrorisme en Occident, surtout en France, j’ai entamé un processus de discussion avec des amis issus du monde musulman.

Tout au début, cette joute s’est scindée en deux. D’un côté, ceux qui croient que la République française a failli dans sa politique d’intégration de son immigration issue du monde musulman. De l’autre, ceux qui croient au contraire que cette immigration n’en fait pas assez pour s’approprier les valeurs de la société d’accueil.

Si pour les premiers la République a failli, c’est parce qu’au début des années 1980, la deuxième génération de cette immigration issue du monde musulman a participé massivement à la Marche pour l’égalité et contre le racisme en France, communément connue sous le nom de Marche des beurs. Mais en vain!

En effet, les archives de cette marche originale projettent les images de jeunes qui n’aspiraient qu’à la liberté, à l’égalité et à la solidarité. Ces jeunes ne revendiquaient aucun statut particulier, mais l’envie d’adhérer pleinement à la République laïque. D’avoir droit à une citoyenneté pleine et complète.

Hélas, plus de 30 ans après, les mentalités n’ont guère changé en France et la bataille contre l’inégalité et la discrimination a été perdue.

Si pour les deuxièmes l’échec de la Marche des beurs est factuel, il ne doit pas pour autant transformer la génération suivante de cette immigration issue du monde musulman en une armée qui détruit la République. Au contraire, elle doit changer les choses de l’intérieur. Qu’elle cesse de remettre le fardeau de son destin sur le dos de la société d’accueil! Malgré toutes les adversités, cette dernière lui garantit les services essentiels pour son épanouissement, notamment l’école publique qui la prépare à un monde meilleur.

En effet, les valeurs de l’égalité, de la fraternité et de la solidarité de la société d’accueil ont tenu bon, malgré le terrorisme aveugle.

Avec le temps, j’ai vu comment ce débat a évolué. Dans l’esprit de la majorité de mes interlocuteurs, les deux thèses se valent, car elles sont complémentaires.

Il est plus que dangereux de vouloir mettre le fardeau de la crise que traverse l’Occident, particulièrement en France, juste sur le dos de la société d’accueil ou seulement sur celui de son immigration issue du monde musulman. C’est la solidarité entre les deux qui a plus de chance de triompher contre l’obscurantisme.

Les deux, la main dans la main, doivent trouver une voie commune imprégnée du sens de la solidarité loin de l’affrontement pour espérer à un avenir commun bâti sur la confiance dans une norme sociale laïque qui a préséance en Occident.

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