Pour les parents, c’est la même rengaine à la fin de chaque été. On épluche les interminables listes de fournitures scolaires distribuées par les écoles et on se pose sensiblement les mêmes questions.

Pourquoi autant de crayons? Des duo-tangs, vraiment, qui utilise encore ça? Si je coupe une règle de 30 cm en deux, c’est la même chose qu’une petite règle qui n’existe que dans les trousses de géométrie?

Ces questions viennent avec des angoisses et, surtout, le désagrément de devoir sillonner les magasins avec d’autres parents tout aussi anxieux et impatients.

Je vous épargne ici l’étiquetage des dizaines d’articles, les nouveaux vêtements et l’obligation de recouvrir des livres avec un plastique qui décollera après deux jours.

En cette période de rentrée scolaire, rappelez-vous que c’est un heureux problème si votre principal désagrément est l’absence d’un cartable de 2 cm dans un rayon où les 1 cm et les 3 cm abondent.

Voyez-vous, à Mont­réal seulement, 36 % des familles vivent dans la pauvreté. Un ménage sur trois. C’est beaucoup trop. Pour une famille qui compte ses cennes, une rentrée scolaire se calcule en repas qu’on ne pourra pas se payer et en «luxe» qu’on devra couper, comme des produits d’hygiène personnelle.

Le stress financier relié à la rentrée scolaire est un problème réel et on peut faire notre part sans même faire d’efforts.

La Mission Bon Accueil, notamment, va remettre plus de 2 500 sacs d’école à des familles démunies, incluant des chaussures, pour partir l’année du bon pied.

Parce que c’est bien beau, se battre pour l’école gratuite et l’accessibilité, mais tous les enfants ne partent pas avec le même bagage. Pour l’avoir vécu plus jeune, la honte d’avoir un sac à dos rapiécé ou un sac en plastique au lieu d’une boîte à lunch colorée, ce n’est pas un frein concret à l’apprentissage, mais c’est certainement un malaise que les jeunes développeront jusqu’à l’âge adulte, où ils auront, trop souvent, décroché dudit environnement scolaire avant d’obtenir un diplôme.

Alors, quand vous ferez vos achats, prenez quelques articles en double. La différence sur votre facture sera marginale selon votre budget, disons un 5 à 7 de moins avec les collègues du bureau ce mois-ci. Mais pour des familles dans le besoin, recevoir des articles scolaires neufs en août, ça n’a pas de prix.

Informez-vous dans les boutiques, il y a souvent des boîtes de dons ou la possibilité d’acheter un livre qui sera acheminé à vos écoles. Si vous connaissez des profs, surtout du primaire, demandez ce que vous pourriez leur fournir pour leur classe qui sera, je vous l’assure, sous-financée.

C’est un autre truc que vous ne savez peut-être pas, mais tous les profs déboursent de leur poche pour alimenter leur classe en matériel. Ils ne diront pas non à un coup de main, parce qu’ils savent qu’ils aideront plusieurs jeunes dans le besoin.

Au lieu de sacrer contre vos listes de fournitures au magasin, donnez au suivant. Il n’y a pas de petit geste, même une gomme à effacer peut donner un sourire à un enfant et une chance d’améliorer son quotidien à long terme.

Stéphane Morneau

@StephaneMorneau

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