ICI Radio-Canada Télé Lili Boisvert à Tout le monde en parle

Un pas en avant, deux pas en arrière. Ce n’est pas tout à fait la réalité renvoyée par Tout le monde en parle dimanche soir, mais c’est quand même l’impression que j’ai en tête après le passage de Lili Boisvert pour l’émission Sexplora sur le plateau de Guy A. Lepage.

Clarifions tout de suite quelque chose, je salue le courage de madame Boisvert pour s’être prêtée au jeu. Elle propose une émission audacieuse, c’est une animatrice qui ose (sans mauvais jeu de mots) et elle doit faire la ronde promotionnelle pour «vendre le sexe», une tâche épineuse à la télévision malgré l’universalité du sujet.

Pourtant, ça devrait être simple aborder la sexualité.

La question qui tourne dans ma tête: peut-on parler de sexe à la télé sans ricaner? Sans les jokes de mononcles? Sans les doubles sens et les petites rougeurs quand on parle d’organes génitaux?

Il est là mon malaise. Ce n’est pas le sujet, c’est son traitement.

Madame Boisvert tente de partager ses expériences sérieusement, ponctuant à l’occasion avec quelques blagues, et elle se fait constamment interrompre par des commentaires simplets, à défaut d’autres mots.

Tantôt un invité est amusé par les dildos, ensuite les menottes, ensuite on ricane sur le porno et on glousse en pensant à une animatrice qui se touche pour le bien de son émission.

En tant que société, il serait temps qu’on passe à une maturité affichée par rapport à la sexualité, non? Une émission comme Tout le monde en parle, consciente de son influence sur la pensée des téléspectateurs, devrait afficher plus de rigueur – histoire d’envoyer un exemple d’une sexualité positive aux plus jeunes.

Parce que c’est là que ça débute, à l’adolescence. Faire des blagues de petits pénis, ça alimente les complexes des jeunes garçons en plein apprentissage, par exemple. Pourquoi faire ça à la télévision sur le plateau de l’émission de service la plus regardée au Québec?

Je suis triste ce matin, parce que rien ne change. La génération plus jeune pousse pour plus d’ouverture, plus de variété, moins de contraintes. Pendant ce temps-là, la génération plus vieille se conforte dans ses habitudes, sa façon de faire souvent vétuste et des airs de «boys club» indécrottables.

Bref, un pas en avant pour offrir une émission comme Sexplora à un public plus large, deux pas en arrière pour l’entrevue à Tout le monde en parle ponctuée de ricanements dignes d’enfants d’école. Déjà qu’à table je dois dire à ma fille de ne pas utiliser les «mots de toilettes» pour faire ses blagues, je ne croyais pas devoir le faire pour notre télévision d’État aussi. Dommage.

L’extrait peut être visionné ici sur le site de TLMEP

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