Dimanche à Tout le monde en parle, Pierre Lapointe a vidé son sac sur les raisons du départ de Stéréo Pop des ondes et on peut l’applaudir. Ça prend des couilles, pointer ses patrons et les décideurs du doigt à heures de grandes écoutes. C’est une chose le faire à la radio l’après-midi, dans un relatif anonymat, mais sur le plateau de Guy A. Lepage c’est sûr qu’il y aura des répercussions.

Reste à savoir si elles seront positives ou négatives.

En gros, Lapointe dénonce la culture du vide de la programmation culturelle de notre télévision et l’obligation de faire des émissions avec des vedettes, des «A» dans le jargon. Il n’a pas tort. Il y a cette vieille mentalité crasse qui stipule que les gens ne s’intéressent qu’aux vedettes. Quand on veut faire un grand coup, genre la première des Échangistes avec Pénélope McQuade, on «pacte le show» avec de grosses pointures de notre showbizz.

C’est vieux comme le monde et ça risque de rester encore longtemps comme façon de faire. C’est comme une douillette chaude pour nos décideurs – si Véro peut venir sur ton plateau, c’est de l’argent en banque.

La beauté d’une sortie comme celle de Lapointe, c’est qu’elle soulève un débat du type «l’œuf ou l’enveloppe» pour notre culture télévisuelle : comment un «B» ou un «C» peut devenir un «A» sans opportunité de se faire valoir là où les gens regardent?

Pour reprendre une fameuse chanson de Dédé Fortin : «passe-moé la puck pis j’vas en compter des buts».

Pierre Lapointe ne manque pas de souligner qu’on peut faire de la bonne télévision sans vedette. Les conversations, les émotions et le contenu ne sont pas le luxe des gens célèbres. La preuve, les moments forts de Tout le monde en parle sont rarement associés aux grandes vedettes de notre planète showbizz.

Si la grande tour se déculpabilise avec Tout le monde en parle, comme l’avance Pierre Lapointe, qu’est-ce qu’il l’empêcherait de s’inspirer de son plus grand succès pour le reste de sa grille?

C’est un mystère.

Il y a toujours le vilain enjeu des cotes d’écoute et la quête du succès immédiat, ici et maintenant, sans soucis de pérennité. Si tu ne chiffres pas lors de tes premières semaines en ondes, tu vis sur du temps emprunté.

Alors on gonfle les chiffres, on «pacte le show» comme je disais, on triche l’auditoire avec du vide, des choses qui brillent et beaucoup d’effets de lumières.

Ce n’est pas de la magie, c’est de la télévision – l’illusion de substance entre deux publicités de yogourt.

Chapeau à Pierre Lapointe pour la montée de lait et à Guy A. Lepage et son équipe pour l’avoir gardée dans son montage final.

Hâte de voir le fruit de ses discussions.

 

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