Métro Tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Ce qu’il faut, c’est utiliser son jugement et décider ce qu’il faut faire en fonction de la situation réelle.

La troisième clé de la résilience, c’est le jugement.

Développer son jugement, c’est acquérir une certaine indépendance d’esprit en se libérant des règles toutes faites qu’on s’est vu imposer pendant notre enfance.

En effet, quand arrive le temps de prendre une décision, ceux qui affichent une note faible sur cette clé ont tendance à recourir à des règles écrites ou à des principes qu’ils croient, à tort, irréfutables. Voyons quelques exemples.

Richard est propriétaire d’une PME. Ce matin, son meilleur vendeur s’est présenté en retard. Or, pour Richard, un employé qui se présente en retard est un mauvais employé. Il fait une scène au retardataire qui finit par tourner les talons et retourner chez lui.

Maryse est démoralisée. Elle vient de se rendre compte que son fils est allé à l’école avec des vêtements sales. Je ne suis pas une bonne mère, se dit-elle. Une bonne mère s’assure que ses enfants paraissent bien en tout temps.

Que se passe-t-il dans ces deux exemples? Une situation survient et, avant d’y réagir, l’individu consulte un principe qu’il a érigé en dogme et qui le force à réagir d’une manière automatique. Les deux principes que nos personnages suivent aveuglément sont: un employé qui arrive en retard est un mauvais employé (Richard), et une bonne mère s’assure que ses enfants paraissent bien en tout temps (Maryse).

Manquer de jugement, c’est suivre aveuglément des lois qu’on s’impose sans les remettre en question. Il est par exemple faux de dire qu’un employé qui arrive en retard est obligatoirement un mauvais employé. Le monde n’est pas uniquement noir ou uniquement blanc. La réalité n’est pas absolument positive ou absolument négative. Il existe des circonstances atténuantes et il existe des circonstances aggravantes. Pour être efficace et se créer une meilleure vie, il faut cesser de s’en remettre à des formules préétablies et apprendre à utiliser son jugement.

Voici quelques suggestions à explorer aujourd’hui.

Disputez vos «IFO»
Continuez à être attentif à votre dialogue intérieur. Portez surtout attention aux moments ou vous vous dites: «Il faut…» ou «Il faudrait…» (IFO). C’est souvent ainsi que vous énoncez des lois qui n’en sont pas. Vous remarquerez, avec le temps, que plusieurs de ces IFO vous ont été imposés pendant votre enfance, à un moment où les parents ont tendance à présenter leurs requêtes comme s’il s’agissait de lois absolues.

Chaque fois que vous vous surprenez à émettre un IFO, demandez-vous s’il est vraiment aussi irréfutable que vous le croyez. Est-ce bien vrai qu’il faut toujours écouter les gens en position d’autorité? Avez-vous déjà rencontré des gens en position d’autorité qui étaient incompétents ou carrément fous? Est-ce bien vrai qu’il ne faut pas parler aux étrangers? Comment avez-vous rencontré vos meilleurs amis? Est-il vrai que c’est la femme qui doit, dans un couple, s’occuper entièrement des tâches ménagères, même si elle occupe également un emploi à temps plein? À force de remettre en question vos IFO, vous vous rendrez compte que la majorité d’entre eux ne reposent sur rien et, qu’en définitive, IFOPATOUJOURS. Ce qu’il faut, c’est utiliser son jugement et décider ce qu’il faut faire en fonction de la situation réelle.

Gare aux étiquettes!
Cessez de placer des étiquettes sur les choses et les gens. Si vous décidez qu’Obama est un mauvais président et que vous lui apposez mentalement cette étiquette, vous porterez un jugement négatif sur toutes ses décisions futures, y compris celles qui ont du sens. Si vous décidez que la restauration rapide vous empoisonne, vous vous priverez du plaisir d’un bon hamburger à l’occasion.

Dressez une liste sommaire des biais qui gouvernent vos comportements tout au long de la journée. Pour ce faire, notez toutes ces fois où vous prenez des décisions sans réfléchir, sans utiliser votre jugement.

Refuser d’apposer des étiquettes sur les choses et sur les gens et prendre ses décisions en tenant compte de l’ensemble d’une situation, c’est vivre consciemment. C’est refuser d’être un automate. C’est faire preuve de jugement.

Série
Notre chroniqueur publie une série de 10 chroniques portant sur les 10 clés de la résilience:

  1. La capacité de s’ouvrir à soi
  2. Le sens des responsabilités
  3. Le jugement
  4. L’objectivité
  5. Le courage
  6. La gratitude
  7. L’authenticité
  8. Le langage positif
  9. La capacité de se contrôler
  10. La curiosité

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