THE CANADIAN PRESS

Oui, ce n’est qu’un match de hockey. Un jeu! Mais, souvent, le sport reflète la culture profonde d’un pays. Et lors de la Coupe du monde de hockey, le contraste a été flagrant à ce sujet entre le Canada et les États-Unis, mardi dernier.

La sélection nationale des États-Unis s’est présentée à ce tournoi en bombant le torse. Baveuse et arrogante, cette équipe se voulait à l’image de son entraîneur-chef John Tortorella: une force spéciale bâtie pour vaincre le Canada physiquement.

La philosophie de l’équipe de Tortorella imaginée par les bonzes du hockey américain représente cette Amérique profonde incarnée par sa frange néoconservatrice qui élève le recours à la force au stade de dogme religieux. Celle de la cavalerie qui fonce sur les «sauvages» pour les anéantir l’arme au poing. Cette Amérique qui dans sa forme la plus caricaturale a enfanté Donald Trump. Rambo!

Ainsi, avant le début de cette Coupe du monde, pour marquer les esprits, John Tortorella a pris position publiquement contre Colin Kaepernic qui refuse de se lever au chant de l’hymne national américain. Pour éviter ses représailles, l’entraîneur-chef des Américains a déconseillé à ses joueurs d’imiter le quart-arrière des 49ers de San Francisco, celui qui a eu le courage de dénoncer pacifiquement la brutalité policière et la discrimination raciale contre la population afro-américaine aux États-Unis.

Avant leur match de poule contre les Canadiens, certains joueurs américains ont ainsi poussé l’odieux jusqu’à espérer que les arbitres les laissent jouer avec robustesse. C’était leur tentative grossière pour intimider leurs adversaires du jour par médias interposés.

Les Américains ont certes essayé de dominer au chapitre de la robustesse, mais en vain. Les Canadiens se sont comportés comme des gentlemen, à commencer par leur entraîneur-chef. Comme l’ont rapporté les médias avant le début de cette Coupe du monde, dans la controverse lancée par Colin Kaepernic, Mike Babcock a évité de jeter de l’huile sur le feu. Il a répondu aux journalistes qu’il n’aurait pas à prendre une décision comme celle de son homologue américain, «car ça n’arrivera pas», avant d’ajouter que «nous vivons dans de belles conditions de vie et jouissons d’une belle liberté, et ceux qui nous ont précédés nous ont permis d’avoir ces conditions de vie».

La réaction des joueurs canadiens pour contrecarrer l’arrogance américaine a été à l’image de leur entraîneur-chef: l’esprit Coubertin. Si les Américains ont bâti une équipe physique qui carbure à l’intimidation, les Canadiens ont bâti la leur sur leur talent de hockeyeur et leur caractère à l’épreuve de toute adversité. C’est que du sport, après tout!

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