The Associated Press Nicolas Sarkozy.

Y a-t-il un lien entre les résultats de l’élection présidentielle américaine et la primaire de droite en France? D’apparence, les deux défaites de Clinton et de Sarkozy n’ont rien en commun. Pourtant, la surprise des deux résultats a été dictée par une même logique.
En effet, beaucoup d’encre a coulé depuis la défaite d’Hillary Clinton. Mais une fois la poussière tombée, les démocrates commencent par se rendre compte qu’ils ont failli en misant sur une candidate qui n’inspirait pas confiance, même au sein de son propre parti.

Certes, Mme Clinton a gagné le vote populaire par plus de deux millions de voix. Toutefois, il faut reconnaître que la vague qui a mené Donald Trump au Bureau ovale trouve son origine, surtout, dans les États qui ont été ravagés par la mondialisation. On comprend mieux pourquoi le candidat républicain n’a eu de cesse de frapper sur le clou de «Hillary la menteuse». Les fuites de WikiLeaks sur les liens obscurs de la candidate démocrate avec le monde de la finance, ce 1% d’ultra riche qui ne cesse de flouer le reste des 99% d’Américains, ainsi que celles sur l’implication présumée de certains hauts cadres du Parti démocrate pour écarter illégalement Bernie Sanders de la route de Clinton ont fini par plomber leur coqueluche.

Quant à la primaire de droite en France, l’éternelle présence de Nicolas Sarkozy au sommet de l’État français, avec son lot d’affaires judiciaires portant sur le financement occulte de son parti, notamment celui de sa campagne présidentielle de 2012, ainsi que sa présumée collusion avec des dictateurs, comme le Libyen Mouammar Kadhafi, ont fini par miner sa récente course préliminaire vers l’élection présidentielle de 2017.

Justement, ce qui est fascinant en France, c’est que cette primaire de droite est ouverte à quiconque s’acquitte du paiement d’un droit de participation de deux euros et signe la charte des valeurs républicaines de la droite et du centre. Plusieurs électeurs qui ne sont pas sympathisants de droite ont voulu faire le pied de nez à l’establishment du parti Les Républicains.

Selon un sondage Elab pour BFMTV qui a été repris par plusieurs médias de l’Hexagone, notamment France Télévision, 15% de sympathisants de gauche ont participé à cette primaire de droite juste pour barrer la route à Sarkozy. Si on leur ajoute le 14% de sans aucune sympathie politique particulière, c’est le quart des votants qui a écarté Sarkozy.

Le «Tout sauf» pèse de plus en plus en démocratie.

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