Giles Keyte

Comme le reste du troupeau, durant le temps des Fêtes, je n’ai pas raté Rogue One: Une histoire de Star Wars. Un rite qui dure depuis 40 ans!

Le jour de visionnement, avant que la salle plonge dans le noir, au moment de mettre mon cellulaire en mode silencieux, j’ai reçu une dépêche: Carrie Fisher, l’actrice mythique qui a incarné la princesse Leia est morte. Vous avez dit signe des cieux?

Le lendemain, je me suis surpris au milieu d’un échange téléphonique plus que mystique à ce sujet. Un ami mêlé dans l’ordre des épisodes de la saga m’a demandé de lui situer Rogue One par rapport aux autres épisodes.

Il fallait m’entendre débiter mon exposé avec exaltation. Comme quoi, au terme de la première trilogie lancée par Georges Lucas, le père, entre 1977 et 1983, la mort du méchant Darth Vader devait en principe clore l’histoire. Que non! Les apôtres de la saga ont créé un besoin chez les fidèles pour comprendre les origines. D’où la sotie de la deuxième trilogie entre 1999 et 2005. Désormais, l’histoire a non seulement une fin, mais aussi un début: la genèse! Le culte a pris pour de bon.

Qu’à cela ne tienne, dix ans après, les gardiens du temple ont voulu raviver la foi de ses brebis. La sortie de l’épisode VII, le 1er volet de la troisième trilogie lancé en 2015 sous la direction de J.J. Abrams, a en plus rameuté de nouveaux croyants.

Or, Rogue One, qui a pris d’assaut les salles de cinéma dernièrement, n’est pas la suite de l’épisode VII. En attendant les épisodes VIII et IX qui sortiront prochainement, les apôtres ont ainsi décidé de produire une quatrième trilogie dérivée de l’original. Dans son premier volet, qui est en salle présentement, ils ont replongé les fidèles dans la toute première trilogie, par sa date de sortie, juste avant ce qui allait devenir avec le temps l’épisode IV. La saga a ainsi rassemblé toutes les générations de croyants de cette Guerre des étoiles dans le même commandement!

Quand j’ai raccroché, je me suis rendu à l’évidence. À elle seule, cette saga incarne l’ensemble des techniques développées pour non seulement satisfaire les besoins du consommateur, mais aussi de lui en créer des nouveaux afin de reproduire à l’infini la franchise.

C’est là où le marketing frappe un coup de circuit. Star Wars s’est mue avec le temps en un véritable culte. Il a outrepassé les préceptes de son créateur, Georges Lucas, mais aussi forgé ses propres exégètes avec leurs différentes interprétations. D’un côté, les radicaux qui prônent le visionnement des différents épisodes de la série dans l’ordre de leur mise en marché par respect à leur créateur. De l’autre, les réformateurs qui préconisent un visionnement qui suit la logique de l’histoire. Si ce n’est pas du catéchisme, alors? Alléluia!

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