Evan Vucci/Associated Press Donald Trump

Dans neuf jours, Donald Trump deviendra officiellement le président des États-Unis d’Amérique. De toutes ses controverses, c’est sa mollesse face au président russe, Vladimir Poutine, qui devrait intriguer le monde.

Je suis contre les théories du complot, mais il est plus que légitime de s’interroger sur la propension du futur locataire de la Maison-Blanche à plier l’échine devant le maître du Kremlin.

Dans les années 1950, il fut un temps en Amérique où les républicains se méfiaient tellement des Soviétiques, donc des Russes, qu’un des leurs avait déclenché toute une chasse aux sorcières, le maccarthysme, pour débusquer tout Américain qui avait ne serait-ce qu’une pensée de gauche. Cette folie avait même forcé Charlie Chaplin, un immense artiste, un des plus grands de tous les temps, à s’exiler en Suisse. Et il n’y a pas si longtemps, Ronald Reagan a plongé l’Amérique dans une course folle à l’armement par peur des Soviétiques, alors que leur empire était à l’agonie!

Or, quand Vladimir Poutine, à la tête d’une Russie plus redoutable que l’Union soviétique des années 1980, défie l’Amérique partout, Donald Trump lui fait les yeux doux. Pourquoi?

Donald Trump tire sur tout ce qui bouge, les leaders de son propre parti politique, les alliés de l’Amérique, comme le Japon et la Corée du Sud, et n’hésite même plus à bousculer la Chine, le géant banquier de l’Amérique. Il s’entête aussi à ridiculiser quiconque ose le défier, même parmi ses propres concitoyens, comme ç’a été le cas de l’immense artiste Meryl Streep après son discours «anti-Trump», lors des récentes cérémonies des Golden Globes. Mais contre l’agressivité des Russes, il adopte un étrange profil bas. Pourquoi?

Le président américain désigné a ridiculisé les 17 agences de renseignement de sa future administration quand, preuves à l’appui, elles ont montré du doigt les Russes dans le piratage informatique qui a ciblé
les démocrates lors de la récente course présidentielle américaine. Pourquoi?

Un faisceau de preuves intrigantes tend vers une flagrante faiblesse de Donald Trump quand Vladimir Poutine est mis en question. Encore plus, le maître du Kremlin semble aussi courtois envers Trump. Quand Obama a expulsé récemment 35 diplomates russes en représailles à l’affaire du «piratage russe», étrangement, Poutine n’a pas suivi les conseils de son omnipotent ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et a refusé de sévir contre les Américains. Pourquoi?

L’été dernier, les médias du monde entier ont relayé en boucle une information inusitée dans les annales de l’histoire américaine. Michael Morell, un maître-espion, ancien directeur de la CIA, a fait une sortie médiatique fracassante contre Donald Trump dans le New York Times. Il a ainsi accusé le candidat républicain à la présidence d’être un espion russe à son insu. Je préfère cette version comme réponse à mon questionnement, car le contraire serait effrayant à envisager!

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