Quand j’ai lu Le code Québec à sa sortie, j’ai senti le besoin de le relire à tête reposée, tellement c’est une mine de renseignements précieux. Durant le temps des Fêtes, je l’ai décortiqué. Impressionné, j’ai alors organisé une rencontre avec un de ses auteurs, Jean-Marc Léger, le patron de Léger Marketing, qui m’a accordé une interview récemment dans son luxueux bureau, au Vieux-Port de Montréal.

Assurément, ce livre est un incontournable, non seulement pour un étranger du Québec, mais aussi pour tous les Québécois, toutes origines confondues.

D’abord, les méthodes d’analyse utilisées par les trois auteurs de ce livre événement, Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Pierre Duhamel, sont avant-gardistes, notamment en ce qui touche la sémiométrie, utilisée pour la première fois. Cette approche novatrice se base sur ce que révèlent les mots utilisés par un peuple sur ses valeurs, ses attitudes et ses comportements.

Ensuite, ce livre est le fruit d’un travail de collecte d’information colossal qui a relevé le défi d’assembler les pièces d’un casse-tête énorme et complexe pour en faire un portrait d’ensemble de millions de Québécois nés à des époques différentes, d’origines diverses et ayant des expériences de vie distinctes.

Le lecteur sera fasciné par la découverte des sept traits identitaires qui font du Québécois, à la fois, un être heureux, consensuel, détaché, victime, villageois, créatif et fier. Sept traits liés les uns aux autres, chacun d’eux étant le germe de l’autre et chacun influant sur les autres, un peu comme la structure moléculaire de l’ADN.

Au-delà de la révélation de cette structure identitaire à sept côtés où le bonheur est le début et le bonheur est la fin, il est captivant de réaliser les dualités fondamentales qui expliquent les nuances de cette identité.

Autrement dit, pourquoi les Québécois passent-ils régulièrement du rejet des autres à la tolérance et à l’accommodement, de la peur de s’engager à l’intensité créative et de la peur de l’échec à la satisfaction de la réussite?

Le lecteur découvrira ultimement l’axe dominant par génération: la génération silencieuse des grands-parents nés avant 1945 qui se sont ouverts sur le monde, la génération des bébé-boumeurs, nés entre 1946 et 1964 et qui ont voulu changer le monde, et la génération des millénniaux, nés entre 1982 et 2000 et qui ont voulu conquérir le monde.

En somme, pour saisir le fait que les Québécois ne sont pas des Français qui ont la singularité de vivre en Amérique du Nord, mais des Nord-Américains qui parlent français, ainsi que pour comprendre leurs réactions singulières, leurs dualités et leurs paradoxes, les lecteurs, particulièrement les néo-Québécois, trouveront en ce livre un guide précieux.

Cela dit, on peut faire un reproche aux auteurs de ce livre. Ils ont évoqué l’influence des cultures amérindienne et anglophone sur l’identité québécoise, mais pas celle de l’immigration. Cette vérité à elle seule mérite une suite à ce livre marquant.

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