Malgré le récent massacre de la mosquée de Sainte-Foy qui a fauché la vie à six innocents et plongé leurs proches ainsi que leurs concitoyens dans le désarroi, le débat au Québec sur la laïcité doit être tranché au plus vite. Les tergiversations autour de cet enjeu sociétal majeur ont causé des dommages qui deviennent de plus en plus irrévocables.

En 2008, après presque un an de débat houleux sur les accommodements raisonnables, le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé alors par Jean Charest, a raté le train de la commission Bouchard-Taylor. Cette dernière a pondu un rapport fondateur, mais il a été jeté à la poubelle. Pourtant, parmi ces recommandations, on trouve deux livres blancs, l’un sur la laïcité et l’autre sur l’interculturalisme. Les deux auraient permis au Québec de donner l’exemple à la planète entière en ce qui concerne l’inclusion harmonieuse des minorités et ethnique et religieuse.

En 2014, après une autre année de débat acrimonieux, le Parti québécois (PQ), alors dirigé par Pauline Marois, a perdu à son tour l’occasion d’établir un consensus autour de ces mêmes recommandations de Bouchard-Taylor. Et pour cause, la Coalition avenir Québec (CAQ) dirigée par François Legault avait fini par offrir aux péquistes la possibilité d’une charte consensuelle. En vain!

On ne le répétera jamais assez, la même année, juste après la victoire des libéraux aux élections générales, j’ai été parmi plusieurs voix qui ont demandé vivement à M. Couillard de trancher le débat sur la laïcité avant qu’il ne soit trop tard. À l’époque, les Québécois étaient rendus collectivement quelque part autour de la proposition de Bouchard-Taylor. S’il avait adopté rapidement une charte moins radicale que la version du PQ et plus contraignante que les propositions de son parti, Philippe Couillard aurait pu entrer dans l’histoire du Québec par la grande porte. Hélas, trois ans après, ce dossier traîne toujours.

Et en 2017, malgré la fusillade de Sainte-Foy, la classe politique québécoise semble retrouver ses esprits. Le ton a changé, même au PQ et à la CAQ. C’est le temps idéal de redonner la parole aux parrains du rapport Bouchard-Taylor et de mettre en place leurs principales recommandations, en concertation avec la classe politique et la société civile.

C’est au moment de son paroxysme que le dénouement d’une crise est le plus opportun. Il ne faut surtout pas rater l’occasion cette fois-ci.

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