La rupture est consommée dans le face à face qui oppose le gouvernement aux étudiants. Le champ de bataille est désormais le centre-ville de Montréal. Jusqu’à quand?

Pour plusieurs Montréalais et autres citoyens qui sont «obligés» de se rendre au centre-ville ou de le traverser, c’est devenu un vrai cauchemar. Les manifestations des étudiants perturbent la circulation, à tort ou à raison, et par ricochet pourrissent la vie à des milliers de citadins.

Depuis une semaine, à chaque déplacement au centre-ville, c’est la galère. Pour mes rendez-vous professionnels, c’est devenu risqué. Je fais tout pour éviter de m’y rendre comme si c’était une zone de guerre. Dans la contrainte, dès que je démarre ma voiture, je syntonise la radio circulation 730 AM. À la moindre alerte, je saute dans le premier bus ou dans une bouche de métro pour anticiper un retard pénalisant. Entre mes contraintes professionnelles, mes enfants à récupérer à l’école et mes autres courses, je patauge, comme vous!

Et à voir, ce matin, dans les manchettes, les images des casseurs, on a l’impression que nous ne sommes plus dans une cité civilisée.

Oui, je suis conscient que la partie qui se joue en ce moment entre les étudiants et le gouvernement Charest est cruciale pour l’avenir du pays. Je suis aussi conscient que cette partie se doit de trouver une solution d’avenir, une vraie.

Pourtant, les deux parties campent sur leurs positions et il va falloir que l’un ou l’autre flanche sans compromis. Oui, il faut être aveugle pour ne pas concevoir que notre université est sous-financée. Oui, il faut être inconscient de croire que l’État peut tout payer, car on n’en a pas les moyens.

Les étudiants doivent payer leur part et les universités doivent gérer cet argent avec parcimonie et sortir de cette culture du bar ouvert où on garroche les deniers publics comme de l’argent Monopoly. Plusieurs problèmes de gouvernance de nos universités ont éclaté au cours des dernières années.

Dans cette affaire, j’ai comme l’impression que tout le monde communique au lieu de parler franchement en ayant à cœur l’avenir de ce pays! Quand j’entends les porte-paroles des étudiants, il est évident qu’ils ont ajusté leurs discours, qu’ils se sont mis à la manipulation des sondages et au jeu de l’intimidation politique. Ils jouent la montre, communiquent et cherchent des appuis auprès du public pour mettre le gouvernement au pied du mur à la veille d’élections cruciales pour l’avenir de du pays. Côté gouvernement, on est tellement arrogant que cela sent la fin de règne!

Ça urge! Quelle université voulons-nous pour notre avenir? Quels genres de femmes et d’hommes voulons-nous former pour résorber le besoin urgent du marché de travail et pour maintenir notre pays dans le peloton de tête dans un monde de plus en plus mondialisé et concurrentiel? Devons-nous financer tous les programmes et tous les étudiants sans restriction? Ou devons-nous investir chez les meilleurs parmi nous dans les domaines où les besoins sont criants comme la santé, l’éducation, les technologies d’avenir et j’en passe? Quelqu’un, quelque part dans ce pays, doit se lever, frapper son poing sur la table et dire stop à ce gaspillage. Mais qui?

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