Le Québec et en train de se transformer en un énième département français. Chaque fois que l’Hexagone lance une niaiserie contre l’islam et les immigrants, le lendemain, certains de nos chroniqueurs-vedettes feignent des crampes, par mimétisme!

Un jour, Albert Camus a dit : «Un homme, ça s’empêche.» Mais malheureusement pas dans notre contrée. Alors, pour ne pas prêcher dans un désert, je me suis juré de ne pas réagir à la fausse controverse sur la viande halal, jusqu’à la lecture de la chronique Les animaux de Pierre Foglia.

Que Pierre Foglia – pour qui j’ai beaucoup de respect – ridiculise les gens qui ont des croyances religieuses, c’est de bonne guerre. Car dites-vous bien que ce mépris est réciproque. Dieu sait combien de musulmans et d’autres juifs ou catholiques se font un réel plaisir de tourner en bourrique les propos du chroniqueur. Dans leur intime conviction, dis-je, les croyants se disent que le jour du jugement dernier, Foglia, sa machine à écrire, ses chats, ses vélos, ses livres et autre bataclan de ses objets fétiches seront égarés dans les limbes à l’infini. Donc, dans le face-à-face croyants-Foglia, mettons que, c’est match nul. Chacun a droit à son opinion.

Mais là où je décroche dans le raisonnement de Foglia, c’est quand il argue que ce qui le ronge dans sa solitude banlieusarde, c’est aussi le sort réservé aux autres animaux. Soit! Mais pourquoi attendre une controverse mêlant religion et alimentation avant de dénoncer la chose?

Au Québec, on réglemente la pêche, la chasse et le piégeage pour achever la bête pour le plaisir de la tuer, la brandir sur le devant de son pick-up comme un trophée avant de se la farcir le soir en famille ou avec les amis autour d’un feu de camp. On voit rarement les chroniqueurs s’en émouvoir.

En fait, le problème n’est-il pas avant tout un problème d’étiquetage? Voilà qui m’apparaît comme une solution sensée à la situation actuelle. Et pas juste pour ce qui est halal. Comme vous autres, je veux savoir ce que je mange dans mon assiette!

Le reste, n’est malheureusement qu’une malencontreuse récupération politique de ceux qui prennent un réel plaisir à attiser la braise de la différence et qui jouent la carte identitaire en exploitant les réflexes xénophobes d’une frange de la population. Et ça, Rima Elkouri l’exprime bien dans son billet.  

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