AP Photo/Carolyn Kaster Le président Barack Obama et le vice-président Joe Biden

La soirée était encore jeune quand je me suis rendu dans un centre communautaire spécialisé en recherche d’emploi sur l’avenue du Parc, non loin de Jean-Talon, là où tout a commencé pour moi quand j’ai débarqué au Québec. Sans ce centre, je n’aurais pas pu avoir la carrière que j’ai bâtie en dix ans!

Au tout début, grâce à cette structure qui vient en aide aux nouveaux arrivants, je ne me suis pas senti seul ni sans soutien. Le genre de projets que les solidaires tentent de mettre en place tant bien que mal partout à travers notre planète. En face, la droite conservatrice s’acharne à stopper ce genre d’initiatives qu’elle méprise, car elle incarne pour eux l’assistanat qui tue la richesse!

Il faut avoir eu les deux genoux à terre au moins une fois dans sa vie pour réaliser qu’il arrive un moment, qu’on soit compétent ou pas, volontariste ou pas, où on a besoin de l’aide de la communauté pour rebondir. C’est le genre de combat que Barack Obama a découvert comme travailleur communautaire dans les bas quartiers de Boston et les banlieues pauvres de Chicago, son fief. Et Obama, le président, n’a pas oublié les laissés pour compte.

En arrivant à l’assemblée générale de cet organisme communautaire dont je suis membre bénévole du conseil d’administration, après avoir été tour à tour participant et employé, un collègue du C.A. m’a lancé à la blague: «Eh, le chroniqueur, qui va gagner aux États-Unis?» Comme pour évacuer le stress, je lui ai répondu que la soirée allait mal commencer, mais la victoire finira par se dessiner facilement vers minuit. Ébahi, mon interlocuteur m’a lancé qu’il redoutait le scénario catastrophe.

Pendant l’assemblée, vers 20h30, je me suis éclipsé le temps de vérifier sur l’internet les premières projections. Romney a commencé la soirée en tête. Soudain, je me suis dit: «zut, t’aurais dû te la fermer. Tu vas porter la poisse à Obama».

De retour à la réunion, l’assemblée se déroulait rondement et l’ordre du jour a été respecté dans les temps! Tout le monde s’appliquait pour finir tôt! Vers 21 h, j’étais déjà chez moi à suivre la soirée électorale.

Je passais d’Al Jazira vers Al Arabya et de CNN à nos deux chaînes publiques. Après deux heures d’attente grisante, j’ai fini par sortir le ouf de tous les oufs, à 23h16! On a fini par déclarer OBAMA RÉÉLU! J’ai sauté sur mon ordi pour annoncer fièrement que l’organisateur communautaire a battu le multimillionnaire.

Cette présidentielle de 2012 s’est gagné au porte-à-porte du 21e siècle, comme en 2008, celui des médias sociaux. À sa première élection, Barack Obama avait utilisé de manière inédite des techniques de microciblage par internet pour mieux influencer l’électorat. Quatre ans plus tard, il a renouvelé l’expérience, le tout, avec l’aide des centaines d’analystes, d’ingénieurs et d’informaticiens issus des géants de la Toile, de Google et d’Apple! Cette Amérique de demain que les Républicains n’arrivent plus à saisir! Certes,  Obama a déçu les solidaires, mais que pouvait-il faire de plus face à une nation polarisée et une chambre des représentants hostile? Obama n’a pas tenu toutes ses promesses pour résorber les conflits internationaux, mais le blâme est à partager par tous les grands de ce monde: l’Union européenne, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde! Oui Obama a brassé des milliards lors de sa campagne, notamment grâce à ses soutiens de Wall Street, mais l’argent ne l’a pas perverti.

Tel une fourmi, Barack Obama pose les jalons d’un monde meilleur, mais il a besoin de l’aide de tous!

Aussi dans Autrement dit :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!