Graham Hughes/La Presse canadienne Gérald Tremblay

C’est fait. Après avoir balayé le gouvernement Charest, on vient de renvoyer les maires de Montréal et de Laval, respectivement la première et la troisième ville en importance au Québec.

Et déjà, on voit certains politiciens se péter les bretelles et bomber le torse. Ils insinuent être les mesdames et messieurs propres qui ont eu raison de la corruption et de la collusion incarnées par le seul Parti libéral du Québec et les partis municipaux Union Montréal et PRO des Lavallois.

Cette logique partisane nous obstrue la vue et nous plonge dans le déni. Ce qu’il faut combattre, c’est cette culture de la corruption, de la collusion et de la fraude qui rongent notre administration, nos partis politiques et notre milieu de la construction!

En plus de ses révélations sur Montréal, l’ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, a révélé devant la commission Charbonneau que dans plusieurs villes de la couronne Nord de Montréal, des firmes de génie-conseil tirent les ficelles du pouvoir en finançant l’élection des maires et en contrôlant l’octroi des contrats publics.

Le témoignage de Lino Zambito et ceux de Gilles Surprenant et de son collègue Luc Leclerc, d’ex-ingénieurs de la Ville de Montréal, nous ont révélé une vérité: la corruption et la collusion font parties d’un système établi dans nos cités depuis plus longtemps, voire au-delà des années 1980. Autrement dit, la corruption et la collusion ont sévi durant les règnes péquiste et libéral au provincial ainsi que ceux de plusieurs partis municipaux. Personne n’est donc à l’abri de ce cancer qui ronge notre société, toutes allégeances politiques confondues.

Si la commission Charbonneau nous a permis de verbaliser le mal et de comprendre sa mécanique, son mandat ne lui permet pas de creuser plus dans le passé. Et ce ne sont pas des solutions politiques à la cocotte-minute qui vont résorber ce mal complexe! Dans ce sens, le dépôt par le gouvernement Marois de son projet de loi 2 sur le financement des partis politiques est prématuré.

Pour crever l’abcès une bonne fois pour toutes, une évaluation globale et des solutions intégrées s’imposent. Celles-ci passent par un Sommet national pour lutter contre la corruption et la collusion. On peut alors y discuter en long et en large du pourquoi de ce drame et surtout y trouver des solutions viables afin d’assainir et d’immuniser notre administration, imaginer un financement fiable et transparent de nos partis politiques qui les met à l’abri des corrupteurs et encadrer les procédés du milieu de la construction pour le vacciner contre la cupidité du secteur public.

On a touché le fond. Il faut qu’on rebondisse dans la sérénité!

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